
Mantras for Worship Beginning with the Five-Syllabled (Mantra) — Concluding Colophon (Chapter 304 end)
Cette unité est surtout représentée par son colophon final, qui marque l’achèvement de la section de Mantra-śāstra consacrée aux mantras de culte commençant par la formule pañcākṣarī (à cinq syllabes). Dans le cadre pédagogique Agni–Vasiṣṭha, de tels chapitres relèvent d’une technologie rituelle : ils codifient l’usage du mantra dans la pūjā, l’enchaînement de la récitation et la précision des formes verbales comme instruments du dharma. Même sans les vers internes complets dans l’extrait, la fonction structurelle est nette : ce chapitre fait le pont entre des protocoles généraux de mantra-pūjā et le chapitre suivant, plus spécialisé, de liturgie des noms, où les noms divins sont cartographiés sur des géographies sacrées (kṣetra/tīrtha). Le mouvement narratif passe ainsi du mantra comme outil universel d’adoration au mantra comme pratique sensible au lieu, sacralisant pèlerinage, offrande et mémoire, en vue du mérite et de la purification intérieure.
Verse 1
इत्य् आग्नेये महापुराणे पञ्चाक्षरादिपूजामन्त्रा नाम त्र्यधिकत्रिशततमो ऽध्यायः अथ चतुरधिकत्रिशततमो ऽध्यायः पञ्चपञ्चाशद्विष्णुनामाणि अग्निर् उवाच जपन् वै पञ्चपञ्चाशद्विष्णुनामानि यो नरः मन्त्रजप्यादिफलभाक् तीर्थेष्वर्चादि चाक्षयम्
Ainsi, dans l’Agni Mahāpurāṇa, s’achève le chapitre 304, intitulé « Mantras de culte commençant par le (mantra) de cinq syllabes ». Commence maintenant le chapitre 305 : « Les cinquante-cinq noms de Viṣṇu ». Agni dit : L’homme qui récite véritablement ces cinquante-cinq noms de Viṣṇu reçoit les fruits de la récitation des mantras et des pratiques semblables ; et, dans les tīrtha, lieux saints de pèlerinage, ses actes d’adoration et ses offrandes deviennent impérissables (akṣaya).
Verse 2
पुष्करे पुण्डरीकाक्षं गयायाञ्च गदाधरम् राघवञ्चित्रकूटे तु प्रभासे दैत्यसूदनम्
À Puṣkara, on se souviendra de Puṇḍarīkākṣa (Viṣṇu, aux yeux de lotus) ; à Gayā, de Gadādhara (Viṣṇu, porteur de la massue) ; à Citrakūṭa, de Rāghava (Rāma) ; et à Prabhāsa, de Daityasūdana (Viṣṇu, le destructeur des démons).
Verse 3
जयं जयन्त्यां तद्वच्च जयन्तं हस्तिनापुरे वाराहं वर्धमाने च काश्मीरे चक्रपाणिनम्
À Jayantī, on se souviendra (de Viṣṇu comme) Jaya ; de même, à Hastināpura (comme) Jayanta. À Vardhamāna, comme Varāha ; et au Kāśmīra, comme Cakrapāṇi, le porteur du disque.
Verse 4
जनार्दनञ्च कुब्जाम्रे मथुरायाञ्च केशवम् कुब्जाम्रके हृषीकेशं गङ्गाद्वारे जटाधरम्
À Kubjāmra (Kubjāmraka), il convient de le vénérer et de s’en souvenir comme Janārdana ; à Mathurā, comme Keśava ; à Kubjāmraka, comme Hṛṣīkeśa ; et à Gaṅgādvāra (Haridvāra), comme Jaṭādhara.
Verse 5
शालग्रामे महायोगं हरिं गोबर्धनाचले पिण्डारके चतुर्वाहुं शङ्खोद्धारे च शङ्खिनम्
À Śālagrāma, on doit contempler Hari comme le Grand Yogin (Mahāyogin) ; sur le mont Govardhana, (contempler) Hari ; à Piṇḍāraka, le Quatre-Bras (Caturvāhu) ; et à Śaṅkhoddhāra, le Seigneur portant la conque, Śaṅkhin.
Verse 6
वामनञ्च कुरुक्षेत्रे यमुनायां त्रिविक्रमम् विश्वेश्वरं तथा शोणे कपिलं पूर्वसागरे
À Kurukṣetra, il convient de vénérer et de se souvenir de Vāmana ; sur la Yamunā, de Trivikrama ; de même, sur la rivière Śoṇa, de Viśveśvara ; et à l’Océan de l’Est, de Kapila.
Verse 7
विष्णुं महोदधौ विद्याद्गङ्गासागरसङ्गमे वनमालञ्च किष्किन्ध्यां देवं रैवतकं विदुः
On doit reconnaître Viṣṇu dans le Grand Océan, au confluent où la Gaṅgā rejoint la mer ; et reconnaître Vanamālā à Kiṣkindhā. Les sages savent que la divinité qui y préside est appelée Raivataka.
Verse 8
काशीतटे महायोगं विरजायां रिपुञ्जयम् विशाखयूपे ह्य् अजितन्नेपाले लोकभावनम्
Sur la rive de Kāśī se trouve le tīrtha nommé Mahāyoga ; à Virajā se trouve Ripunjaya, le vainqueur des ennemis ; à Viśākhayūpa se trouve en vérité Ajita, l’Invincible ; et au Népal se trouve Lokabhāvana, le bienfaiteur du monde.
Verse 9
द्वारकायां विद्धि कृष्णं मन्दरे मधुसूदनम् लोकाकुले रिपुहरं शालग्रामे हरिं स्मरेत्
Sache que Kṛṣṇa est à Dvārakā; que Madhusūdana est sur le mont Mandara; que le Destructeur des ennemis se tient au milieu du tumulte du monde; et qu’à Śālagrāma il faut se souvenir de Hari.
Verse 10
पुरुषं पूरुषवटे विमले च जगत्प्रभुं अनन्तं सैन्धवारण्ये दण्डके शार्ङ्गधारिणम्
À Pūruṣa-vaṭa, il faut se souvenir de la Personne suprême; à Vimala, du Seigneur de l’univers; dans la forêt de Saindhava, d’Ananta; et à Daṇḍaka, du Porteur de l’arc (Śārṅgadhārin, c’est-à-dire Viṣṇu).
Verse 11
उत्पलावर्तके शौरीं नर्मदायां श्रियः पतिं दामोदरं रैवतके नन्दायां जलशायिनं
À Utpalāvartaka, il faut se souvenir de Śaurī; sur les rives de la Narmadā, de Śriyaḥpati, Seigneur de Lakṣmī; à Raivataka, de Dāmodara; et à Nandā, du Seigneur qui repose sur les eaux (Jalaśāyin).
Verse 12
गोपीश्वरञ्च सिन्ध्वव्धौ माहेन्द्रे चाच्युतं विटुः सहाद्रौ देवदेवेशं वैकुण्ठं मागधे वने
Dans l’océan Sindhu, on le connaît comme Gopīśvara; sur le mont Māhendra, comme Acyuta; sur Sahya (la chaîne des Sahyādri), comme Devadeveśa; et dans la forêt de Magadha, comme Vaikuṇṭha.
Verse 13
सर्वपापहरं विन्ध्ये औड्रे तु पुरुषोत्तमम् आत्मानं हृदये विद्धि जपतां भुक्तिमुक्तिदम्
Dans la région des Vindhya se trouve le saint «Ôteur de tous les péchés»; et en Odra, Purushottama. Sache que le Soi (Ātman) demeure dans le cœur : pour ceux qui récitent en japa, cette pratique accorde à la fois jouissance mondaine et délivrance.
Verse 14
वटे वटे वैश्रवणं चत्वरे चत्वरे शिवम् पर्वते पर्वते रामं सर्वत्र मधुसूदनं
À chaque banian, souviens-toi de Vaiśravaṇa (Kubera) ; à chaque place publique, souviens-toi de Śiva ; sur chaque montagne, souviens-toi de Rāma ; et partout, souviens-toi de Madhusūdana (Viṣṇu).
Verse 15
नरं भूमौ तथा व्योम्नि वशिष्ठे गरुडध्वजम् वासुदेवञ्च सर्वत्र संस्मरन् भुक्तिमुक्तिभाक्
Ô Vasiṣṭha, l’homme—qu’il soit sur la terre ou dans le ciel—qui, partout, se souvient sans cesse de Vāsudeva, le Seigneur dont l’étendard porte Garuḍa, devient bénéficiaire à la fois de la jouissance mondaine et de la délivrance (mokṣa).
Verse 16
नामान्येतानि विष्णीश् च जप्त्वा सर्वमवाप्नुयात् क्षेत्रेष्वेतेषु यत् श्राद्धं दानं जप्यञ्च तर्पणम्
Après avoir récité ces noms de Viṣṇu et du Seigneur, on obtient tout résultat désiré. Tout śrāddha, don, récitation (japa) et libation d’offrande (tarpaṇa) accomplis dans ces lieux sacrés (kṣetra) portent leur fruit en plénitude.
Verse 17
तत्सर्वं कोटिगुणितं मृतो ब्रह्ममयो भवेत् यः पठेत् शृणुयाद्वापि निर्मलः स्वर्गमाप्नुयात्
Tout ce mérite est multiplié par un koṭi ; et après la mort, il devient de la nature de Brahman. Quiconque le récite, ou même l’entend, se purifie et atteint le ciel (svarga).
Its function is to close a pañcākṣarī-based pūjā-mantra module, preparing the reader for a more enumerative nāma-liturgy that operationalizes japa through cataloged divine epithets.
By treating mantra as a disciplined method (vidhi) rather than sentiment alone, it frames correct recitation and worship as purificatory action that supports both dharmic outcomes and inward steadiness conducive to mukti.