Adhyaya 173
Dharma-shastraAdhyaya 17354 Verses

Adhyaya 173

Prāyaścitta — Definitions of Killing, Brahmahatyā, and Graded Expiations

Le Seigneur Agni ouvre un exposé de Dharma-śāstra sur le prāyaścitta (expiation), en rattachant le système expiatoire à Brahmā et en définissant le « meurtre » comme tout acte aboutissant à la séparation du prāṇa (la mort). Il étend la culpabilité au-delà de l’auteur direct : le commanditaire, les participants d’un groupe dans une action armée commune, et la causalité indirecte (y compris le suicide suscité par l’abus ou la contrainte) sont tenus pour sources de faute grave, surtout la brahmahatyā (meurtre d’un brahmane). Le chapitre énonce ensuite des principes d’interprétation de la pénitence—lieu, temps, capacité, nature de l’offense—puis détaille les grandes expiations pour le brahmanicide : auto-sacrifice, marques ascétiques de longue durée et vie d’aumônes, ainsi que des réductions selon la conduite. Vient une échelle graduée selon la victime, par varṇa et vulnérabilité (personnes âgées, femmes, enfants, malades), et selon des torts précis (mise à mort d’une vache, blessures, décès accidentels par des outils). Le texte aborde encore les lois de pureté et la contamination des aliments, les intoxicants et les consommations interdites, le vol avec sa logique de restitution et de peine royale, et les transgressions sexuelles classées sous gurutalpa, proposant des pénitences allant jusqu’à la mort ou de rigoureux Cāndrāyaṇa de plusieurs mois. Ainsi, Agni présente le prāyaścitta comme un ajustement juridique et un remède spirituel : restaurer le dharma au dehors tout en purifiant l’intention et la conduite au dedans.

Shlokas

Verse 1

इत्य् आग्नेये महापुराणे सर्वपापप्रायश्चित्ते पापनाशनस्तोत्रं नाम द्विसप्तत्यधिकशततमो ऽध्यायः अथ त्रिसप्तत्यधिकशततमो ऽध्यायः प्रायश्चित्तं अग्निर् उवाच प्रायश्चित्तं ब्रह्णोक्तं वक्ष्ये पापोपशान्तिदं स्यात् प्राणवियोगफलो व्यापारो हननं स्मृतं

Ainsi, dans l’Agni Mahāpurāṇa, s’achève le chapitre cent soixante-douze, intitulé « L’hymne qui détruit le péché », au sein de la section sur les expiations de tous les péchés. Commence maintenant le chapitre cent soixante-treize, sur l’expiation. Agni déclara : « J’enseignerai l’expiation proclamée par Brahmā, qui apaise le péché. On se souvient comme “meurtre” (hanana) de l’acte dont le fruit est la séparation du souffle vital (c’est-à-dire la mort). »

Verse 2

रागाद् द्वेषात् प्रमादाच्च स्वतः परत एव वा ब्राह्मणं घातयेद्यस्तु स भवेद्ब्रह्मघातकः

Quiconque fait tuer un brāhmaṇa—par passion (rāga), par haine (dveṣa) ou par négligence—que ce soit de sa propre main ou par l’entremise d’autrui, devient un meurtrier de brāhmaṇa (brahma-ghātaka).

Verse 3

बहूनामेककार्याणां सर्वेषां शस्त्रधारिणां यद्येको घातकस्तत्र सर्वे ते घातकाः स्मृताः

Lorsque de nombreux hommes armés sont engagés dans une même entreprise commune, si l’un d’eux y devient meurtrier, alors tous sont tenus pour meurtriers.

Verse 4

आक्रोशितस्ताडितो वा धनैव्वा परिपीडितः ततः कर्माणीति ख , ग , घ , छ च यमुद्दिश्य त्यजेत् प्राणांस्तमाहुर्ब्रह्मघातकं

Même si une personne a été injuriée, frappée ou opprimée par la puissance de la richesse, si—à cause de ces actes (selon les points ka, kha, ga, gha et cha énoncés plus haut)—elle met fin à ses jours, alors, à l’égard de celui dont la mort a été ainsi provoquée, on déclare l’auteur coupable meurtrier de brāhmaṇa (brahma-ghātaka).

Verse 5

औषधाद्युपकारे तु न पापं स्यात् कृते मृते पुत्रं शिष्यन्तथा भार्यां शासते न मृते ह्य् अघं

Lorsqu’un acte est accompli comme une aide bénéfique, telle l’administration d’un remède et autres, il n’y a pas de péché même si la mort s’ensuit. De même, en corrigeant son fils, son disciple ou son épouse, il n’y a pas de faute si la mort survient involontairement au cours de cette discipline.

Verse 6

देशं कालञ्च यः शक्तिं पापञ्चावेक्ष्य यत्नतः प्रायश्चित्तं प्रकल्प्यं स्याद्यत्र चोक्ता ब निष्कृतिः

Après avoir examiné avec soin le lieu, le temps, sa propre capacité et la nature de la faute, on doit prescrire une expiation (prāyaścitta) — précisément la forme d’atonement que l’enseignement énonce comme la délivrance correcte de la souillure.

Verse 7

गवार्थे ब्राह्मणार्थे वा सद्यः प्राणान् परित्यजेत् प्रास्येदात्मानमग्नौ वा मुच्यते ब्रह्महत्यया

Pour le salut d’une vache, ou pour celui d’un brāhmaṇa, on doit aussitôt abandonner sa vie; ou bien se jeter dans le feu—par un tel sacrifice de soi, on est délivré du péché de meurtre d’un brāhmaṇa (brahmahatyā).

Verse 8

शिरःकपाली ध्वजवान् भैक्षाशी कर्म वेदयन् ब्रह्महा द्वादशाब्दानि मितभुक् शुद्धिमाप्नुयात्

Le meurtrier d’un brāhmaṇa doit porter un crâne en signe d’expiation, brandir un étendard, vivre d’aumônes et avouer son acte au grand jour; en se nourrissant avec mesure durant douze ans, il obtient la purification.

Verse 9

षड्भिर्वर्षैः शुद्धचारी ब्रह्महा पूयते नरः विहितं यदकामा मां कामात्तु द्विगुणं स्मृतं

Celui qui a tué un brāhmaṇa est purifié en six ans s’il observe une conduite pure. Ce qui est prescrit lorsqu’on agit sans désir—si l’on agit par désir—est tenu pour une pénitence double.

Verse 10

प्रायश्चित्तं प्रवृत्तस्य बधे स्यात्तु त्रिवार्षिकं ब्रह्मघ्नि क्षत्रे द्विगुणं विट्च्छूद्रे द्विगुणं त्रिधा

Pour celui qui s’est engagé dans un meurtre, l’expiation est prescrite comme une observance de trois ans; pour le meurtre d’un brāhmaṇa elle est doublée; pour un kṣatriya elle est aussi doublée; et pour un vaiśya et un śūdra elle est doublée selon une triple gradation (c’est-à-dire multipliée suivant l’échelle énoncée).

Verse 11

अन्यत्र विप्रे सकलं पादोनं क्षत्रिये मतं वैश्ये ऽर्धपादं क्षत्रे स्याद्वृद्धस्त्रीबालरोगिषु

Dans les autres cas, la mesure entière de l’expiation/peine est prescrite pour un brāhmaṇa ; pour un kṣatriya, on la tient pour diminuée d’un quart ; pour un vaiśya, elle est réduite de moitié ; et pour les śūdras—ainsi que pour les vieillards, les femmes, les enfants et les malades—elle doit être encore adoucie selon ce qui convient.

Verse 12

तुरीयो ब्रह्महत्यायाः क्षत्रियस्य बधे स्मृतं वैश्ये ऽष्टमांशो वृत्तस्थे शूद्रे ज्ञेयस्तु षोडशः

Pour le meurtre d’un kṣatriya, le péché est tenu pour le quart de celui du brahmaṇicide ; pour un vaiśya, pour un huitième ; et pour un śūdra vivant de son gagne-pain conforme, il faut le comprendre comme un seizième.

Verse 13

अप्रदुष्टां स्त्रियं हत्वा शूद्रहत्याव्रतं चरेत् पञ्चगव्यं पिवेद्गोघ्नो मासमासीत संयतः

Ayant tué une femme sans souillure (innocente), on doit accomplir l’observance expiatoire prescrite pour le meurtre d’un śūdra. Mais le tueur d’une vache doit boire le pañcagavya et, dans la maîtrise de soi, demeurer en pénitence pendant un mois.

Verse 14

गोष्ठे शयो गो ऽनुगामी गोप्रदानेन शुद्ध्यति कृच्छ्रञ्चैवातिकृच्छ्रं वा पादह्रासो नृपादिषु

Celui qui dort dans l’étable à vaches, ou qui suit (ou importune) la vache, se purifie par le don d’une vache. Mais dans les affaires touchant le roi et les semblables, (la pénitence prescrite est) le Kṛcchra ou l’Atikṛcchra, et (en outre) il y a perte de rang/position (pāda-hrāsa).

Verse 15

अतिवृद्धामतिकृशामतिबालाञ्च रोगिणीं न संस्कृतिरिति छ बधे ऽस्य तु इति छ हत्वा पूर्वविधानेन चरेदर्धव्रतं द्विजः

Pour celui qui est très âgé, très émacié, tout jeune ou malade, on dit qu’il n’y a pas de saṃskāra (rite) accompli en plénitude. Mais si un homme « deux fois né » (dvija) tue une telle personne, alors—selon la règle énoncée plus haut—il doit accomplir un demi-vœu (ardha-vrata) à titre d’expiation.

Verse 16

ब्राह्मणान् भोजयेच्छक्त्या दद्याद्धेमतिलदिकं मुष्टिचपेटकीलेन तथा शृङ्गादिमोटने

Selon ses moyens, on doit nourrir les brāhmaṇa ; et l’on doit offrir de l’or, du sésame et autres choses semblables—en expiation des blessures causées par un coup de poing, une gifle ou un clou/pieu, et de même pour la rupture des cornes et autres atteintes similaires.

Verse 17

लगुडादिप्रहारेण गोबधं तत्र निर्दिशेत् दमेन दामने चैव शकटादौ च योजने

Là (dans l’arbitrage juridique), frapper avec un gourdin et autres objets semblables doit être tenu pour un « meurtre de vache » ; et la même règle s’applique au cas de l’amende appelée dama, à l’acte de lier (la vache) et aussi au fait de l’atteler à un char et autres véhicules semblables.

Verse 18

स्तम्भशृङ्खलपाशैर् वा मृते पादोनमाचरेत् काष्ठे शान्तपनं कुर्यात् प्राजापत्यन्तु लोष्ठके

Si (un être vivant) meurt à cause d’un poteau, d’une chaîne ou d’un nœud coulant, on doit accomplir une expiation diminuée d’un quart. Si (la mort est causée) par un morceau de bois, on accomplira la pénitence Śāntapana ; mais si (elle est causée) par un loṣṭa (motte de terre/tesson de brique), on accomplira la pénitence Prājāpatya.

Verse 19

तप्तकृच्छ्रन्तु पाषाणे शस्त्रे चाप्यतिकृच्छ्रकं मार्जारगोधानकुलमण्डूकश्वपतत्रिणः

Pour (la mise à mort) d’un chat, d’un godhā (iguane/varan), d’un nakula (mangouste), d’une grenouille, d’un chien ou d’un oiseau : on accomplira la pénitence Tapta-kṛcchra si (la mort survient) par la pierre, et la pénitence Ati-kṛcchra si (elle survient) par une arme.

Verse 20

हत्वा त्र्यहं पिवेत् क्षीरं कृच्छ्रं चान्द्रायणं चरेत् व्रतं रहस्ये रहसि प्रकाशे ऽपि प्रकाशकं

Après avoir tué (une personne), on doit boire du lait pendant trois jours ; et l’on doit accomplir la pénitence Kṛcchra ainsi que l’observance Cāndrāyaṇa—vœu d’expiation qui purifie les fautes secrètes dans le secret, et même celles rendues manifestes au grand jour.

Verse 21

प्राणायामशतं कार्यं सर्वपापापनुत्तये पानकं द्राक्षमधुकं खार्जरन्तालमैक्षवं

On doit accomplir cent exercices de maîtrise du souffle (prāṇāyāma) afin d’ôter tous les péchés. Ensuite, on prendra une boisson douce (pānaka) préparée avec du raisin, du madhūka, des dattes, le fruit du tāla et le jus de canne à sucre.

Verse 22

मध्वीकं टङ्कमाध्वीकं मैरेयं नारिकेलजं न मद्यान्यपि मद्यानि पैष्टी मुख्या सुरा स्मृता

Madhvīka, ṭaṅka-mādhvīka, maireya et la boisson préparée à partir de la noix de coco—celles-ci et d’autres breuvages enivrants sont bel et bien alcoolisés. Toutefois, la surā principale est tenue pour la liqueur de céréales (paiṣṭī).

Verse 23

त्रैवर्णस्य निषिद्धानि पीत्वा तप्त्वाप्यपः शुचिः कणान् वा भक्षयेदब्दं पिण्याकं वा सकृन्निशि

Si un membre des trois varṇa des « deux-fois-nés » (trai-varṇa) boit ce qui est interdit, alors—après avoir bu de l’eau chauffée—il est purifié. Ou bien il ne mangera que des grains pendant un an, ou encore prendra du tourteau (résidu d’huile) une seule fois la nuit.

Verse 24

सुरापाणापनुत्यर्थं बालवामा जटी ध्वजी अज्ञानात् प्राश्य विण्मूत्रं सुरासंस्पृष्टमेव च

Afin d’effacer la faute de boire des liqueurs, on doit entreprendre le vœu expiatoire comme un ascète au cœur d’enfant, selon l’orientation prescrite à gauche (vāma), portant les cheveux en mèches (jaṭā) et un étendard. Cela s’applique même si, par ignorance, on a consommé des excréments ou de l’urine ayant été en contact avec la liqueur.

Verse 25

पुनः संस्कारमर्हन्ति त्रयो वर्णा द्विजातयः मद्यमाण्डस्थिता आपः पीत्वा सप्तदिनं व्रती

Les trois varṇa des « deux-fois-nés » sont dignes de recevoir à nouveau la reconsécration (saṃskāra). Si l’on a bu de l’eau où se trouvait le māṇḍa—la lie ou le ferment de la liqueur—on observera un vœu (vrata) pendant sept jours.

Verse 26

चाण्डालस्य तु पानीयं पीत्वा स्यात् षड्दिनं व्रती चण्डालकूपभाण्डेषु पीत्वा शान्तपनं चरेत्

Si l’on boit l’eau potable appartenant à un Caṇḍāla, on doit observer un vœu pendant six jours. Si l’on boit l’eau d’un puits de Caṇḍāla ou d’un récipient utilisé par un Caṇḍāla, on doit accomplir l’observance expiatoire dite Śāntapana.

Verse 27

पञ्चगव्यं त्रिरान्ते पीत्वा चान्त्यजलं द्विजः मत्स्यकण्टकशम्बूकशङ्खशुक्तिकपर्दकान्

Un dvija (deux-fois-né), après avoir bu le pañcagavya trois fois à la fin (de la période prescrite) et avoir aussi bu l’eau associée à un antyaja, expie la faute d’avoir consommé ou touché des arêtes de poisson, des escargots, des conques, des coquilles d’huître et des cauris.

Verse 28

पीत्वा नवोदकं चैव पञ्चगव्येन शुद्ध्यति शवकूपोदकं पीत्वा त्रिरात्रेण विशुद्ध्यति

Après avoir bu de l’eau fraîche (navodaka), on se purifie par la prise de pañcagavya. Après avoir bu l’eau d’un puits souillé par un cadavre, on devient pleinement purifié au bout de trois nuits.

Verse 29

अन्त्यावसायिनामन्नं भुक्त्वा चान्द्रायणं चरेत् आपत्काले शूद्रगृहे मनस्तापेन शुद्ध्यति

Après avoir mangé la nourriture de ceux que l’on tient pour antyāvasāyin (hors de l’ordre social établi), on doit accomplir l’expiation Cāndrāyaṇa. Mais en temps de détresse, si l’on mange dans la maison d’un Śūdra, on est purifié par le seul repentir intérieur.

Verse 30

शूद्रभाजनभुक् विप्रः पञ्चगव्यादुपोषितः कन्दुपक्वं स्नेहपक्वं स्नेहं च दधिशक्तवः

Un brāhmaṇa (vipra) qui a mangé dans un récipient d’un Śūdra doit jeûner en se soutenant de pañcagavya. Comme nourriture permise, il peut prendre des tubercules bouillis, des mets cuits au ghee, le ghee lui-même, et une bouillie d’orge mêlée de caillé.

Verse 31

शूद्रादनिन्द्यान्येतानि गुडक्षीररसादिकं अस्नातभुक् चोपवासी दिनान्ते तु जपाच्छुचिः

D’un Śūdra, il n’est pas blâmable d’accepter ces choses : jaggery (sucre non raffiné), lait, jus de fruits et autres semblables. Celui qui mange sans s’être baigné doit observer le jeûne, et, à la fin du jour, se purifier par la récitation (japa).

Verse 32

मूत्रोच्चार्यशुचिर्भुक्त्वा त्रिरात्रेण विशुद्ध्यति केशकीटावपन्नं च पादस्पृष्टञ्च कामतः

Si, après avoir uriné, on mange sans s’être purifié, on redevient pur au bout de trois nuits. De même, une purification est prescrite pour la nourriture souillée par des cheveux ou des insectes, et pour celle touchée volontairement par le pied.

Verse 33

भ्रूणघ्नावेक्षित्तं चैव सस्पृष्टं वाप्युदक्यया काकाद्यैर् अवलीढं च शुनासंस्पृष्टमेव च

La nourriture (ou l’offrande préparée) qui a été regardée par un tueur de fœtus, ou touchée par une femme en menstruation, ou léchée par des corbeaux et autres, ou même mise en contact avec un chien, doit être tenue pour souillée.

Verse 34

गवाद्यैर् अन्नमाघ्रातं भुक्त्वा त्र्यहमुपावसेत् रेतोविण्मूत्रभक्षी तु प्राजापत्यं समाचरेत्

Après avoir mangé une nourriture humée par des vaches et autres, on doit jeûner trois jours. Mais si l’on a consommé du sperme, des excréments ou de l’urine, il faut accomplir l’expiation dite Prājāpatya.

Verse 35

चान्द्रायण नवश्राद्धे पराको मासिके मतः पक्षत्रये ऽतिकृच्छ्रं स्यात् षण्मासे कृच्छ्रमेव च

Pour la faute liée au śrāddha en neuf formes (nava-śrāddha), l’expiation est tenue pour le vœu de Cāndrāyaṇa ; pour la faute liée à un rite mensuel, le Parāka est prescrit. Si la défaillance dure trois quinzaines, elle doit être expiée par l’Atikṛcchra ; si elle dure six mois, le (simple) Kṛcchra suffit.

Verse 36

आब्दिके पादकृच्छ्रं स्यादेकाहः पुनराव्दिके पूर्वेद्युर्वार्षिकं श्राद्धं परेद्युः पुनराव्दिकं

Pour le śrāddha annuel (ābdika), on prescrit la pénitence dite « demi-kṛcchra » ; pour la répétition annuelle (punar-ābdika), on prescrit une observance/jeûne d’un jour (ekāha). La veille, on accomplira le śrāddha annuel (vārṣika), et le lendemain, de nouveau, le śrāddha (punar-)ābdika.

Verse 37

निषिद्धभक्षणे भुक्ते प्रायश्चित्तमुपोषणं भूस्तृणं लशुनं भुक्त्वा शिशुकं कृच्छ्रमाचरेत्

Si l’on a mangé ce qui est interdit, l’expiation est le jeûne. Après avoir mangé de la terre, de l’herbe ou de l’ail, on doit accomplir le kṛcchra sous la forme « Śiśuka ».

Verse 38

लशुनं गृञ्जनं भुक्त्वेति ङ शिशुकृच्छ्रं समाचरेदिति ख अभोज्यानान्तु भुक्त्वान्नं स्त्रीशूद्रोच्छिष्टमेव च जग्ध्वा मांसमभक्ष्यञ्च सप्तरात्रं पयः पिवेत्

Après avoir mangé de l’ail ou des oignons, on doit entreprendre le « Śiśu-kṛcchra » (austérité mineure). Mais si l’on a mangé une nourriture interdite, ou les restes d’une femme ou d’un Śūdra, ou une viande non permise, alors pendant sept nuits on ne boira que du lait.

Verse 39

मधु मांसञ्च यो ऽश्नीयाच्छावं सूतकमेव वा प्राजापत्यं चरेत् कृच्छ्रं ब्रह्मचारी यतिर्व्रती

Quiconque mange du miel et de la viande, ou (prend nourriture) durant l’impureté due à un décès (śāva) ou à un accouchement (sūtaka), doit accomplir l’expiation du kṛcchra Prājāpatya, en vivant en brahmacārī (célibataire), en ascète, observant les vœux.

Verse 40

अन्ययेन परस्वापहरणं स्तेयमुच्यते मुसलेन हतो राज्ञा स्वर्णस्तेयी विशुद्ध्यति

L’enlèvement illégal du bien d’autrui est appelé vol. Le voleur d’or, lorsqu’il est mis à mort par le roi au moyen d’une massue (musala), est purifié (de ce péché).

Verse 41

अधःशायी जटाधारी पर्णमूलफलाशनः एककालं समश्नानो द्वादशाब्दे विशुद्ध्यति

Dormant à même le sol, portant les cheveux en nattes (jaṭā), se nourrissant de feuilles, de racines et de fruits, et ne mangeant qu’une fois par jour en quantité mesurée—par une telle observance, on se purifie en douze ans.

Verse 42

रुक्मस्तेयी सुरापश् च ब्रह्महा गुरुतल्पगः स्तेयं कृत्वा सुरां पीत्वा कृच्छ्रञ्चाब्दं चरेन्नरः

Le voleur d’or, le buveur d’alcool enivrant, le meurtrier d’un brāhmaṇa et celui qui profane le lit du maître—après avoir volé et bu, qu’un homme accomplisse la pénitence Kṛcchra pendant un an.

Verse 43

मणिमुक्ताप्रवालानां ताम्रस्य रजतस्य च अयस्कांस्योपलानाञ्च द्वादशाहं कणान्नभुक्

Pour l’expiation concernant les gemmes, perles, coraux, cuivre, argent, fer, métal de cloche et pierres, qu’on subsiste douze jours de kaṇānna, une nourriture simple de grains.

Verse 44

मनुष्याणान्तु हरणे स्त्रीणां क्षेत्रगृहस्य च वापीकूपतडागानां शुद्धिश्चान्द्रायणं स्मृतं

Pour le vol ou l’enlèvement d’êtres humains, de femmes, d’un champ ou d’une maison, ainsi que de puits, de puits à degrés (stepwells) et d’étangs, la purification prescrite est dite être la pénitence Cāndrāyaṇa.

Verse 45

भक्ष्यभोज्यापहरणे यानशय्यासनस्य च पुष्पमूलफलानाञ्च पञ्चगव्यं विशोधनं

Lorsque des aliments comestibles et des mets préparés sont enlevés (ou souillés), de même lorsqu’un véhicule, un lit ou un siège est ainsi affecté, et aussi pour les fleurs, racines et fruits, la purification se fait au moyen du pañcagavya, les cinq produits de la vache.

Verse 47

तृणकाष्ठद्रुमाणाञ्च शुष्कान्नस्य गुडस्य च चेलचर्मामिषाणाञ्च त्रिरात्रं स्यादभोजनं

Si quelqu’un a consommé ou a été souillé par de l’herbe, du bois, des arbres (et des substances impures ou impropres semblables), ainsi que par de la nourriture sèche et du jaggery/pain de sucre (guda), et encore par du tissu, du cuir et de la viande, qu’il observe l’abstention de nourriture (jeûne) pendant trois nuits.

Verse 48

पितुः पत्नीञ्च भगिनीमाचार्यतनयान्तथा आचार्याणीं सुतां स्वाञ्च गच्छंश् च गुरुतल्पगः

Celui qui a des rapports sexuels avec l’épouse de son père, sa sœur, la fille du maître, l’épouse du maître, sa propre fille ou sa propre mère est appelé « violateur du lit du guru » (gurutalpaga).

Verse 49

गुरुतल्पे ऽभिभाष्यैनस्तप्ते पच्यादयोमये शूमीं ज्वलन्तीञ्चाश्लिष्य मृतुना स विशुद्ध्यति

Pour le péché d’avoir violé le lit du maître, qu’on le fasse brûler (comme cuit) sur du fer rougi au feu; et, en étreignant une effigie de fer flamboyante (en forme de femme), il est purifié par la mort.

Verse 50

चान्द्रायणान् वा त्रीन्मासानभ्यस्य गुरुतल्पगः एवमेव विधिं कुर्याद् योषित्सु पतितास्वपि

Ou bien, après avoir accompli trois observances de Cāndrāyaṇa pendant trois mois, l’homme coupable d’avoir violé le lit du guru doit suivre cette même procédure expiatoire prescrite—même dans le cas de femmes déchues (de la bonne conduite).

Verse 51

यत् पुंसः परदारेषु तच्चैनां कारयेद्व्रतं रेतः सिक्त्वा कुमारीषु चाण्डालीषु सुतासु च

Quelle que soit la pénitence prescrite pour un homme lorsqu’il s’unit à l’épouse d’autrui, qu’on impose à cette femme le même vœu, lorsqu’elle a fait déposer la semence dans des vierges, dans des femmes Caṇḍāla et dans ses propres filles.

Verse 52

सपिण्डापत्यदारेषु प्राणत्यागो विधीयते यत् करोत्येकरात्रेण वृषलीसेवनं द्विजः

Pour l’union illicite avec une femme sapinda, avec l’épouse de son fils ou avec sa belle-fille, l’expiation prescrite est l’abandon de la vie; car un dvija, en fréquentant une vṛṣalī ne fût-ce qu’une seule nuit, contracte un péché d’une gravité comparable.

Verse 53

तद्भैक्ष्यभुग् जपन्नित्यं त्रिभिर्वर्षैर् व्यपोहति पितृव्यदारगमने भ्रातृभार्यागमे तथा

En vivant d’aumônes et en récitant chaque jour un mantra, il efface (la faute) en trois ans : la faute encourue en s’approchant de l’épouse de l’oncle paternel, et de même en s’approchant de l’épouse de son frère.

Verse 54

चाण्डालीं पुक्कसीं वापि स्नुषाञ्च भगिनीं सखीं मातुः पितुः स्वसारञ्च निक्षिप्तां शरणागतां

Qu’il s’agisse d’une femme Caṇḍāla ou d’une Pukkasī, de la belle-fille, de la sœur, d’une amie, ou de la sœur de la mère ou du père : toute femme rejetée et venue chercher refuge (śaraṇāgata) doit être accueillie et protégée.

Verse 55

मातुलानीं स्वसारञ्च सगोत्रामन्यमिच्छतीं शिष्यभार्यां गुरोर्भार्यां गत्वा चान्द्रायणञ्चरेत्

Après avoir eu commerce charnel avec l’épouse de l’oncle maternel, avec sa propre sœur, avec une autre femme du même gotra, avec l’épouse du disciple ou avec l’épouse du guru, on doit accomplir l’observance expiatoire du Cāndrāyaṇa.

Frequently Asked Questions

It defines killing as any act whose result is prāṇa-viyoga—separation of the life-breath—emphasizing outcome-based culpability alongside agency (direct or indirect).

The expiation should be prescribed after assessing deśa (place), kāla (time), śakti (capacity), and the specific nature/weight of the sin, selecting the stated niṣkṛti appropriate to that case.

The chapter repeatedly deploys Kṛcchra/Ati-kṛcchra/Tapta-kṛcchra, Prājāpatya, Parāka, and Cāndrāyaṇa, along with pañcagavya, fasting, japa, and prāṇāyāma as modular tools.