Adhyaya 162
Dharma-shastraAdhyaya 16219 Verses

Adhyaya 162

अध्याय १६२ — धर्मशास्त्रकथनम् (Dharmaśāstra Exposition: Authorities, Pravṛtti–Nivṛtti, Upākarman, and Anadhyāya Rules)

Ce chapitre s’ouvre en enracinant le Dharma dans une lignée reconnue d’autorités de smṛti (de Manu à Parāśara, ainsi qu’Āpastamba, Vyāsa et Bṛhaspati), établissant un canon juridique et éthique. Il définit ensuite le karma védique comme double : pravṛtti (action engagée, motivée par le désir) et nivṛtti (retrait fondé sur la connaissance), et présente tapas, svādhyāya, maîtrise des sens, ahiṃsā et service au guru comme des disciplines culminant en ātma-jñāna, moyen suprême d’atteindre niḥśreyasa et l’immortalité. De cette hiérarchie philosophique, le texte passe au dharma appliqué : il prescrit des règles calendaires et circonstancielles pour la récitation védique, incluant les rites d’upākarman et d’utsarga, et dresse un catalogue détaillé des occasions d’anadhyāya (suspension temporaire). Sont mentionnés les temps d’impureté liés à la mort, les éclipses, certains jours lunaires, les troubles atmosphériques (tonnerre, météores, séismes), le contact avec des contextes impurs (cadavre, lieu de crémation, exclu), des sons de mauvais augure et des interruptions pratiques, le tout totalisant trente-sept cas d’anadhyāya. L’ensemble illustre la méthode de l’Agni Purāṇa : la fin métaphysique (la connaissance du Soi) se manifeste par une observance précise qui discipline la vie quotidienne.

Shlokas

Verse 1

आग्रत्स्वप्नसुसुप्त्यान्तमुक्तमिति ङ , छ , ञ च इत्य् आग्नेये अशौचनिर्णय इत्य् आदिः, सत्यमानन्दमद्वयमित्यन्तः पाठो ग पुस्तके नास्ति अथ द्विषष्ट्यधिकशततमो ऽध्यायः धर्मशास्त्रकथनं पुष्कर उवाच मनुर्विष्णुर्याज्ञवल्को हारीतो ऽत्रिर्यमो ऽङिगिराः वसिष्ठदक्षसंवर्तशातातपपराशराः

« ‘…se terminant par les mots : veille, rêve et sommeil profond—ainsi est-il déclaré’—telle est la leçon des recensions (ṅ, cha et ña). Dans l’Āgneya (Agni Purāṇa), cela commence par “la détermination de l’impureté (aśauca)” ; et la leçon finale “(Il est) Vérité, Béatitude, non-duel” ne se trouve pas dans le manuscrit “ga”. Commence maintenant le chapitre cent soixante-deux, “Exposé du Dharmaśāstra”. Puṣkara dit : Manu, Viṣṇu, Yājñavalkya, Hārīta, Atri, Yama, Aṅgiras, Vasiṣṭha, Dakṣa, Saṃvarta, Śātātapa et Parāśara (sont les autorités). »

Verse 2

आपस्तम्बोशनोव्यासाः कात्ययनबृहस्पती गोतमः शङ्खलिखितौ धर्ममेते यथाब्रुवन्

Āpastamba, Uśanas, Vyāsa, Kātyāyana, Bṛhaspati, Gautama, ainsi que Śaṅkha et Likhita—ces autorités ont proclamé le Dharma tel qu’ils l’ont exposé.

Verse 3

तथा वक्ष्ये समासेन भुक्तिमुक्तिप्रदं शृणु प्रवृत्तञ्च निवृत्तञ्च द्विविधङ्कर्म वैदिकं

Ainsi, je l’exposerai brièvement—écoute—ce qui confère à la fois la jouissance mondaine et la délivrance. L’action védique (karma) est de deux sortes : la voie de l’engagement (pravṛtti) et la voie du retrait (nivṛtti).

Verse 4

काम्यं कर्म प्रवृत्तं स्यान्निवृत्तं ज्ञानपूर्वकं वेदाभ्यासस्तपो ज्ञानमिन्दियाणाञ्च संयमः

L’action inspirée par le désir doit être comprise comme la voie de l’engagement (pravṛtti), tandis que l’action de renoncement (nivṛtti) est fondée sur la connaissance. Étude du Veda, austérité (tapas), connaissance véritable et maîtrise des sens : tels en sont les moyens.

Verse 5

अहिंसा गुरुसेवा च निःश्रेयसकरं परं सर्वेषामपि चैतेषामत्मज्ञानं परं स्मृतं

La non-violence (ahiṃsā) et le service rendu au guru (guru-sevā) sont des moyens suprêmes qui conduisent au bien le plus haut (niḥśreyasa). Toutefois, parmi tous, la connaissance du Soi (ātma-jñāna) est tenue pour la plus élevée.

Verse 6

तच्चग्र्यं सर्वविद्यानां प्राप्यते ह्य् अमृतं ततः सर्वभूतेषु चात्मानं सर्वभूतानि चात्मनि

Cette connaissance est la première de toutes les sciences ; en l’atteignant, on obtient véritablement l’immortalité (amṛta). Alors on reconnaît le Soi en tous les êtres, et tous les êtres dans le Soi.

Verse 7

समम्पश्यन्नात्मयाजी स्वाराज्यमधिगच्छति आत्मज्ञाने समे च स्याद्वेदाभ्यासे च यत्नवान्

Celui qui voit tout d’un regard égal, accomplissant le culte comme un sacrifice intérieur, atteint le svārājya, la souveraineté de soi. Qu’il demeure dans la connaissance du Soi et l’équanimité, et qu’il s’applique avec ardeur à l’étude disciplinée du Veda.

Verse 8

एतद्द्विजन्मसामर्थ्यं ब्राह्मणस्य विशेषतः एतद्द्विजन्मसाग्र्यमिति ख , ङ , झ , ञ , ट च एतद्द्विजन्मसामग्रीति घ वेदशास्त्रार्थतत्त्वज्ञो यत्र तत्राश्रमे वसन्

Telle est la puissance distinctive des « deux-fois-nés » (dvija), et tout particulièrement du brāhmane. (Certaines recensions lisent : « telle est la prééminence du dvija », tandis qu’une autre lit : « telle est la pleine dotation/la complétude du dvija ».) Celui qui connaît la véritable portée et les principes des Veda et des śāstra, demeurant dans quelque āśrama (étape de vie) qu’il soit, possède cette aptitude.

Verse 9

इहैव लोके तिष्ठन् हि ब्रह्मभूयाय कल्प्यते स्वाध्यायानामुपाकर्म श्रावण्यां श्रावणेन तु

Ici même, dans ce monde, en y demeurant, on devient apte à atteindre l’état de Brahman ; car le rite de reprise (upākarma) des récitations védiques (svādhyāya) doit être accompli à la Śrāvaṇī, la pleine lune du mois de Śrāvaṇa.

Verse 10

हस्ते चौषधिवारे च पञ्चम्यां श्रावणस्य वा पौषमासस्य रोहिण्यामष्टकायामथापि वा

De même, lorsque la demeure lunaire (nakṣatra) est Hasta ; au jour Auṣadhivāra, le « jour des remèdes » ; au cinquième tithi du mois de Śrāvaṇa ; au jour où Rohiṇī tombe dans le mois de Pauṣa ; ou encore à un jour d’Aṣṭakā — tout cela est prescrit comme des moments propices.

Verse 11

जलान्ते छन्दसाङ्कुर्यादुत्सर्गं विधिवद्वहिः त्र्यहं प्रेतेष्वनध्यायः शिष्यर्त्विग्गुरुबन्धुषु

Au bord de l’eau, on doit accomplir selon la règle l’utsarga, la « libération/cessation » de la récitation védique. Lorsqu’un décès survient, il y a suspension de l’étude védique (anadhyāya) pendant trois jours dans le cas du disciple, du prêtre officiant (ṛtvij), du maître (guru) et des parents.

Verse 12

उपाकर्मणि चोत्सर्गं स्वशाखाश्रोत्रिये तथा सन्ध्यागर्जितनिर्घाते भूकम्पोल्कानिपातने

Lors du rite d’Upākarman et aussi lors du (Veda-)Utsarga ; de même lorsqu’il s’agit d’enseigner à un śrotriya de sa propre branche védique (śākhā) ; et durant le fracas du tonnerre et de l’éclair au crépuscule, lors d’un tremblement de terre ou à la chute d’un météore — ce sont là des occasions soumises à la règle de suspension/exception concernant l’étude et la récitation.

Verse 13

समाप्य वेदं ह्य् अनिशमारण्यकमधीत्य च पञ्चदश्यां चतुर्दश्यामष्टम्यां राहुसूतके

Après avoir achevé l’étude du Veda, on doit aussi étudier continuellement l’Āraṇyaka ; toutefois, le quinzième jour lunaire, le quatorzième, le huitième, et durant l’éclipse (le « temps de naissance de Rāhu »), l’étude védique doit être évitée.

Verse 14

ऋतुसन्धिषु भुक्त्वा वा श्राद्विकं प्रतिगृह्य च पशुमण्डूकनकुलश्वाहिमार्जारशूकरैः

Avoir mangé aux jonctions des saisons, ou avoir accepté une offrande liée au śrāddha ; et, en outre, du fait de la souillure née du contact avec bovins, grenouilles, mangoustes, chiens, serpents, chats et porcs—on tombe dans un état d’impureté et de restriction.

Verse 15

कृतेन्तरे त्वहोरात्रं शक्रपाते तथोच्छ्रिये श्वक्रोष्टुगर्धभोलूकमासवाणर्तुनिस्वने

Dans l’intervalle où la mort s’annonce, tout au long du jour et de la nuit—lorsqu’il y a la pluie d’Indra et aussi un bouleversement anormal—si s’élèvent des sons de mauvais augure tels que les hurlements des chiens, les cris des chacals, les braiments des ânes, les hululements des hiboux, et des bruits hors saison des mois, des vents et des saisons, qu’on les reconnaisse comme des présages funestes.

Verse 16

अमेध्यशवशूद्रान्त्यश्मशानपतितान्तिके अशुभासु च तारासु विद्युत्स्तनितसम्प्लवे

À proximité de matières impures, d’un cadavre, d’un Śūdra, d’un hors-caste, d’un lieu de crémation ou d’un déchu ; et aussi lorsque les astres sont de mauvais augure, durant l’éclair et le tonnerre, et au milieu d’une pluie violente et tumultueuse—il faut s’abstenir d’entreprendre le rite.

Verse 17

भुत्क्वार्द्रपाणिरम्भोन्तरर्धरात्रे ऽतिमारुते पांशुवर्षे दिशान्दाहे सन्ध्यानीहारभीतिषु

Après avoir mangé, la main encore humide—lorsqu’on est dans l’eau ; à minuit ; sous des vents violents ; lors d’une pluie de poussière ; quand les directions semblent en feu ; et durant les crépuscules brumeux ainsi que dans les instants de peur—il faut éviter ou se garder des actes impropres.

Verse 18

धावतः प्राणिबाधे च विशिष्टे गृहमागते ब्रह्मचर्याय कल्प्यते इति ङ स्वशाखाश्रोत्रिये मृते इति घ , झ , ञ , ट च शशमार्जारशूकरैर् इति ङ खरोष्ट्रयानहस्त्यश्वनौकावृक्षादिरोहणे

Lorsqu’on a couru (dans la hâte), lorsqu’il y a atteinte à un être vivant, et lorsqu’un hôte éminent arrive à la maison—en de telles circonstances, il est prescrit d’observer le brahmacarya (continence). De même, la même règle s’applique quand un śrotriya savant, appartenant à sa propre branche védique, est décédé. Elle vaut aussi à propos de (contact/impureté impliquant) le lièvre, le chat et le sanglier; et quant au fait de monter un âne ou un chameau, de voyager en véhicule, de monter un éléphant ou un cheval, d’embarquer sur une barque, ou de grimper aux arbres et autres semblables.

Verse 19

सप्तत्रिंशदनध्यायानेतांस्तात्कालिकान्विदुः

On les connaît comme les trente-sept jours d’«anadhyāya»—des périodes durant lesquelles l’étude védique doit être suspendue provisoirement.

Frequently Asked Questions

It ranks disciplines such as svādhyāya, tapas, indriya-saṃyama, ahiṃsā, and guru-sevā as means toward niḥśreyasa, while declaring ātma-jñāna (Self-knowledge) the supreme attainment that yields immortality and equal vision.

The chapter emphasizes procedural and situational regulation of Vedic study—upākarman/utsarga rites and a consolidated list of thirty-seven anadhyāya occasions when recitation should be suspended due to impurity, time markers, omens, or disruptive conditions.