Adhyaya 154
Dharma-shastraAdhyaya 15419 Verses

Adhyaya 154

Chapter 154: विवाहः (Vivāha — Marriage)

Le chapitre passe de l’enseignement sur le brahmacarya au domaine du gṛhastha, en présentant le mariage comme une institution réglée par le dharma. Il expose des normes selon le varṇa : nombre d’épouses autorisé selon la classe sociale et règle voulant que les dharma-kāryas (devoirs rituels) ne soient pas accomplis avec un conjoint asavarṇā, affirmant ainsi l’endogamie comme principe rituel et juridique. Il traite ensuite de prescriptions transactionnelles et protectrices : attentes de « prix de la mariée » dans certains contextes, interdiction de donner une jeune fille en mariage plus d’une fois, et peines pour l’enlèvement. Le texte énumère les formes de mariage reconnues (Brāhma, Ārṣa, Prājāpatya, Āsura, Gāndharva, Rākṣasa, Paiśāca), distinguant le don dharmique de l’achat, du choix mutuel, de la contrainte ou de la tromperie. Il consigne aussi des permissions exceptionnelles de remariage en temps de calamité, y compris une disposition de type lévirat avec le frère cadet du mari défunt. La dernière partie aborde le vivāha-muhūrta : mois, jours, tithis, nakṣatras et conditions planétaires fastes ou néfastes (éviter le « sommeil » de Viṣṇu, certains mois, une Lune affligée, des bénéfiques couchés et le vyatīpāta), puis conclut par des conseils de conduite domestique concernant l’approche conjugale et les restrictions calendaires.

Shlokas

Verse 1

१७च्द् नैष्ठिको ब्रह्मचारी वा देहान्तं निवसेद्गुरौ अप्_१५३ इत्य् आग्नेये महापुराणे ब्रह्मचर्याश्रमो नाम त्रिपञ्चाशदधिकशततमो ऽध्यायः अथ चतुःपञ्चाशदधिकशततमो ऽध्यायः विवाहः पुष्कर उवाच विप्रश् चतस्रो विन्देत भार्यास्तिस्रस्तु भूमिपः द्वे च वैश्यो यथाकामं भार्यैकामपि चान्त्यजः

Dans l’Agni Mahāpurāṇa, il est dit que le brahmacārin de vœu perpétuel (naiṣṭhika) doit demeurer auprès de son maître jusqu’à la fin de sa vie. Ainsi s’achève le chapitre 153, intitulé « L’āśrama du brahmacarya ». Commence maintenant le chapitre 154 : « Le mariage ». Puṣkara déclara : « Un brāhmaṇa peut prendre quatre épouses ; un roi (kṣatriya) trois ; un vaiśya deux selon son désir ; et un antyaja même une seule épouse. »

Verse 2

धर्मकार्याणि सर्वाणि न कार्याण्यसवर्णया पाणिर्ग्राह्यः सवर्णासु गृह्णीयात् क्सत्रिया शरं

Tous les rites et devoirs prescrits par le dharma ne doivent pas être accomplis avec une femme d’un varṇa différent. La prise de la main (au mariage) doit se faire parmi les femmes du même varṇa ; et le kṣatriya doit saisir la flèche, c’est-à-dire suivre la vocation du guerrier.

Verse 3

वैश्या प्रतीदमादद्याद्दशां वै चान्त्यजा तथा सकृत् कन्या प्रदातव्या हरंस्तां चौरदण्डभाक्

Une femme vaiśyā doit accepter ceci comme prix de la fiancée ; de même, une femme antyajā doit accepter dix (unités). Une jeune fille ne doit être donnée en mariage qu’une seule fois ; quiconque l’enlève encourt la peine prescrite pour un voleur.

Verse 4

अपत्यविक्रयासक्ते निष्कृतिर् न विधीयते कन्यादानं शचीयोगो विवाहो ऽथ चतुर्थिका

Pour celui qui s’adonne à la vente de sa descendance, aucune expiation (niṣkṛti) n’est prescrite. (Sont ensuite exposés) le kanyā-dāna (don de la jeune fille), le Śacī-yoga, le rite matrimonial approprié, puis l’observance dite « caturthikā ».

Verse 5

सतीयोग इति ख , छ च विवाहमेतत् कथितं नामकर्मचतुष्टयं नष्टे मृते प्रव्रजिते क्लीवे च पतिते पतौ

Cette forme de mariage est décrite comme « satīyoga » (selon les leçons kha et cha). Le rite quadruple relatif au nom et aux actes rituels s’applique lorsque le mari est disparu, mort, a renoncé au monde (pravrajita), est impuissant ou est tombé (hors du dharma).

Verse 6

पञ्चस्वापत्सु नारीणां पतिरन्यो विधीयते मृते तु देवरे देयात् तदभावे यथेच्छया

Dans cinq sortes de calamités, il est permis à la femme de prendre un autre époux. Si le mari est mort, on doit la donner en mariage au frère cadet du défunt ; à défaut, (on la donnera) selon son propre choix.

Verse 7

पूर्वात्रितयमाग्नेयं वायव्यं चोत्तरात्रयं रोहिणौ चेति चरणे भगणः शस्यते सदा

Les trois ‘quartiers’ (pada/caraṇa) orientaux sont de type Agni (feu), et les trois ‘quartiers’ septentrionaux sont de type Vāyu (vent) ; et il en va de même pour Rohiṇī—ainsi, quant au quartier (caraṇa/pada), la classification bhagaṇa est toujours prescrite.

Verse 8

नैकगोत्रान्तु वरयेन्नैकार्षेयाञ्च भार्गव पितृतः सप्तमादूर्ध्वं मातृतः पञ्चमात्तथा

Mais, ô Bhārgava, on ne doit pas choisir une épouse du même gotra, ni une femme du même lignage de ṛṣi (pravara). Le mariage n’est permis qu’au-delà de la septième génération du côté paternel et au-delà de la cinquième du côté maternel.

Verse 9

आहूय दानं ब्राह्मः स्यात् कुलशीलयुताय तु पुरुषांस्तारयेत्तज्जो नित्यं कन्यप्रदानतः

Lorsque (le futur époux) est formellement invité et que la jeune fille est donnée en mariage, c’est la forme Brāhma—accordée à un homme de bonne famille et de bonne conduite. Les enfants nés de cette union délivrent continuellement les ancêtres mâles, par la vertu du don de la fille.

Verse 10

तथा गोमिथुनादानाद्विवाहस्त्वार्ष उच्यते प्रार्थिता दीयते यस्य प्राजापत्यः स धर्मकृत्

De même, lorsque l’on donne une paire de bovins (au père de la mariée), ce mariage est dit de type Ārṣa. Celui où la jeune fille, une fois demandée, est donnée en mariage est de type Prājāpatya ; un tel homme accomplit le dharma.

Verse 11

शुल्केन चासुरो मन्दो गान्धर्वो वरणान्मिथः राक्षसो युद्धहरणात् पैशाचः कन्यकाच्छलात्

Lorsque l’union est conclue par le paiement d’un prix de la fiancée (śulka), on l’appelle mariage de type Āsura ; lorsqu’elle naît du choix réciproque (varaṇa) des deux, c’est le type Gāndharva ; lorsque la jeune fille est enlevée de force au milieu des combats, c’est le type Rākṣasa ; et lorsqu’une vierge est obtenue par tromperie, c’est le type Paiśāca.

Verse 12

वैवाहिके ऽह्नि कुर्वीत कुम्भकारमृदा शुचीं जलाशये तु तां पूज्य वाद्याद्यैः स्त्रीं गृहत्रयेत्

Le jour des noces, on doit façonner, avec l’argile du potier, une effigie féminine pure et de bon augure ; puis, auprès d’un réservoir d’eau, après l’avoir honorée par des instruments de musique et autres offrandes, on doit conduire la femme dans la maison.

Verse 13

प्रशुप्ते केशवे नैव विवाहः कार्य एव हि पोषे चैत्रे कुजदिने रिक्ताविष्टितथो न च

Lorsque Keśava (Viṣṇu) se trouve dans l’état dit « sommeil » (praśupta), le mariage ne doit assurément pas être célébré. Il ne doit pas non plus être accompli au mois de Pauṣa, au mois de Caitra, un mardi (Kujavāra), ni durant les tithi nommées Riktā et Āviṣṭi.

Verse 14

न शुक्रजीवे ऽस्तमिते न शशाङ्के ग्रहार्दिते अर्कार्कभौमयुक्ते भे व्यतीपातहते न हि

On ne doit pas (agir) lorsque Vénus et Jupiter sont couchés (invisibles) ; ni lorsque la Lune est affligée par des planètes ; ni lorsque la demeure lunaire est conjointe au Soleil, à un autre maléfique « semblable au Soleil » et à Mars ; et certainement pas lorsqu’elle est frappée par le Vyatīpāta : ces temps ne conviennent pas aux rites.

Verse 15

सोम्यं पित्र्यञ्च वायव्यं सावित्रं रोहिणी तथा वैवाहिकेब्दे इति घ , ङ , ञ , ट च वाद्यौघैर् इति ग , घ , ञ च उत्तरात्रितयं मूलं मैत्रं पौष्णं विवाहभं

Pour le mariage, les demeures lunaires favorables sont : Somya, Pitrya, Vāyavya, Sāvitra, ainsi que Rohiṇī ; de même celles qui, dans la section nuptiale, sont désignées par les syllabes gha, ṅa, ña et ṭa. Et, comme l’indique le passage « avec des masses d’instruments de musique », celles marquées par ga, gha et ña. En outre, les trois Uttarā, Mūla, Maitra et Pauṣṇa sont déclarées être des nakṣatra propres au mariage.

Verse 16

मानुषाख्यस् तथा लग्नो मानुषाख्यांशकः शुभः तृतीये च तथा षष्ठे दशमैकादशे ऽष्टमे

De même, l’ascendant (lagna) est dit « humain » (mānuṣa) ; et la portion divisionnelle « humaine » (aṃśaka) est de bon augure, surtout dans les 3e, 6e, 10e, 11e et 8e maisons/positions.

Verse 17

अर्कार्किचन्दतनयाः प्रशस्ता न कुजो ऽष्टमः सप्तान्त्याष्टमवर्गेषु शेषाः शस्ता ग्रहोत्तमाः

Le Soleil, Saturne et le fils de la Lune (Mercure) sont tenus pour favorables (dans ces placements) ; Mars n’est pas propice lorsqu’il est en huitième. Dans la septième, la dernière (douzième) et les divisions/maisons huitièmes, les autres planètes excellentes sont réputées bénéfiques.

Verse 18

तेषामपि तथा मध्यात् षष्ठः शुक्रो न शस्यते वैवाहिके भे कर्तव्या तथैव च चतुर्थिका

Même parmi ces (moments autrement admissibles), la sixième tithi lorsqu’elle tombe un vendredi n’est pas recommandée. Pour le mariage, le rite doit pareillement être accompli lorsque la Lune se trouve dans un nakṣatra favorable ; et la quatrième tithi doit être traitée de la même manière (c’est‑à‑dire évitée ou réglée comme il a été dit).

Verse 19

न दातव्या ग्रहास्तत्र चतुराद्यास्तथैकगाः पर्ववर्जं स्त्रियं गच्छेत् सत्या दत्ता सदा रतिः

Dans ce cadre, on ne doit pas assigner (pour l’approche conjugale) les tithis inauspicieuses à partir de la quatrième, ni les tithis « uniques » (impaires/solitaires). En dehors des jours de fête ou sacrés, on doit s’approcher de son épouse ; lorsqu’elle a été donnée (en mariage) avec vérité et vœux conformes, l’union conjugale est toujours tenue pour légitime et méritoire.

Frequently Asked Questions

It stresses savarṇa marriage for dharma-kārya performance and prohibits choosing a bride from the same gotra or the same ṛṣi-lineage (pravara), permitting marriage only beyond the 7th paternal and 5th maternal generations.

Brāhma, Ārṣa, and Prājāpatya are presented as normative dharmic forms, contrasted with Āsura (bride-price), Gāndharva (mutual choice), Rākṣasa (force), and Paiśāca (deception) as progressively more problematic modes.

It forbids marriage during Viṣṇu’s ‘sleep’, certain months and weekdays, in Riktā/Āviṣṭi tithis, when Venus/Jupiter are set, when the Moon is afflicted, under specific malefic conjunctions, and when struck by Vyatīpāta; it also lists auspicious nakṣatras for vivāha.

By treating marriage as a saṃskāra governed by lineage rules, ritual competence, ethical protections for the maiden, and precise calendrical/astrological constraints—making gṛhastha life a disciplined vehicle for dharma and ancestral continuity.