
Chapter 300 — सूर्यार्चनम् (Worship of Sūrya)
Le Seigneur Agni enseigne une upāsanā concentrée de Sūrya, discipline qui engendre des siddhi et apaise les graha, en présentant une formule bīja condensée (piṇḍa) capable d’accomplir des buts complets. Le chapitre détaille les principes de construction du bīja (composants par « membres », achèvement par le bindu) et intègre les cinq séries de bīja de Gaṇeśa comme préliminaires universels : culte selon les directions, placements de mūrti, scellement par mudrā, indices iconographiques (forme rouge, attributs, configuration des mains) et observances telles que Caturthī. Le rite s’étend ensuite en une matrice solaire-graha : bain rituel, offrande d’arghya, vénération des neuf graha avec neuf pots d’eau consacrés par mantra, et offrandes spécifiques (lampe pour Caṇḍā ; gorocanā, safran, parfum rouge, pousses ; grains et dons liés à l’hibiscus). Les effets thérapeutiques et pratiques sont énoncés : graha-śānti, victoire dans les conflits, correction de défauts de lignée/semence, et rites d’influence par le toucher installé de mantra et des substances chargées (comme le vétiver). Le nyāsa de la tête aux pieds et l’identification à Ravi couronnent la pratique, tandis que des visualisations codées par couleurs s’accordent aux intentions : stambhana/māraṇa, puṣṭi, frappe de l’ennemi, mohana. Ainsi, l’arcana de Sūrya est posé comme un pont entre dévotion et efficacité appliquée dans l’Agneya Vidyā.
Verse 1
इत्य् आग्नेये महापुराणे ग्रहहृन्मन्त्रादिकं नाम नवनवत्यधिकद्विशततमो ऽध्यायः अथ त्रिशततमो ऽध्यायः सूर्यार्चनम् अग्निर् उवाच शय्या तु दण्डिसाजेशपावकश् चतुराननः सर्वार्थसाधकमिदं वीजं पिण्डार्थमुच्यते
Ainsi, dans l’Agni Mahāpurāṇa s’achève le deux-cent-quatre-vingt-dix-neuvième chapitre intitulé « Mantras Grahahṛn et rites connexes ». Commence maintenant le trois-centième chapitre : « Culte de Sūrya ». Agni déclara : « Pour ce culte, le bīja-mantra — “śayyā, daṇḍi, sājeśa, pāvaka, caturānana” — est enseigné comme un “piṇḍa” (formule condensée) et peut accomplir tous les buts. »
Verse 2
स्वयं दीर्घस्वराद्यञ्च वीजेष्वङ्गानि सर्वशः खातं साधु विषञ्चैव सविन्दुं सकलं तथा
Dans les syllabes-semences (bīja-mantras), on doit appliquer en tout point les « membres » (aṅga) en commençant par les voyelles longues ; (le bīja) doit être formé selon la forme « percée/marquée », correctement, avec le « poison » (c’est-à-dire l’élément aigu et pénétrant), et aussi avec le bindu (point nasal), comme un tout complet.
Verse 3
गणस्य पञ्च वीजानि पृथग्दृष्टफलं महत् गणं जयाय नमः एकदंष्ट्राय अचलकर्णिने गजवक्त्राय महोहरहस्ताय पञ्चाङ्गं सर्वसामान्यं सिद्धिः स्याल्लक्षजाप्यतेः
Les cinq bīja (formules-semences) de Gaṇeśa produisent de grands effets, et chacun est reconnu pour donner un fruit distinct. Ce sont : « Gaṇaṃ — hommage pour la victoire » ; « hommage à l’Un-Défense » ; « à Celui dont les oreilles sont immobiles » ; « à Celui au visage d’éléphant » ; et « à Celui dont la main ôte les grands obstacles ». Cet ensemble quintuple est d’usage universel ; la siddhi naît de cent mille répétitions (japa).
Verse 4
गणाधिपतये गणेश्वराय गणनायकाय गणक्रीडाय दिग्दले पूजयेन्मूर्तीः पुरावच्चाङ्गपञ्चकम् वक्रतुण्डाय एकदंष्ट्राय महोदराय गजवक्त्राय विकटाय विघ्नराजाय धूम्रवर्णाय दिग्विदिक्षु यजेदेताल्लोकांशांश् चैव मुद्रया
Dans les pétales (divisions) des directions, on doit vénérer les formes (mūrti) comme : Gaṇādhipati, Gaṇeśvara, Gaṇanāyaka et Gaṇakrīḍā ; et, comme prescrit auparavant, accomplir le culte des cinq membres (aṅga-pañcaka). Dans les huit directions et les directions intermédiaires, qu’on offre le culte à ces formes comme : Vakratuṇḍa, Ekadaṃṣṭra, Mahodara, Gajavaktra, Vikaṭa, Vighnarāja et Dhūmravarṇa ; et qu’on scelle aussi les mondes/quadrants correspondants au moyen de la mudrā.
Verse 5
मध्यमातर्जनीमध्यगताङ्गुष्ठौ समुष्टिकौ चतुर्भुजो मोदकाढ्यो दण्डपाशाङ्कुशान्वितः
Ses pouces sont placés entre le majeur et l’index, et les deux mains sont fermées en poings ; il est à quatre bras, tenant de doux modakas, et muni d’un bâton, d’un lacet (pāśa) et d’un aiguillon à éléphant (aṅkuśa).
Verse 6
दन्तभक्षधरं रक्तं साब्जं पाशाड्कुशैर् वृतम् पूजयेत्तं चतुर्थ्याञ्च विशेषेनाथ नित्यशः
Qu’on adore cette forme rouge, portant une défense et tenant une dent (brisée), avec un lotus, et entourée/assistée par le lacet (pāśa) et l’aiguillon à éléphant (aṅkuśa) — tout particulièrement au quatrième jour lunaire (Caturthī), et aussi chaque jour.
Verse 7
श्वेतार्कमूलेन कृतं सर्वाप्तिः स्यात्तिलैर् घृतैः तण्डुलैर् दधिमध्वाज्यैः सौभाग्यं वश्यता भवेत्
Accompli avec la racine de l’arka blanc, il est dit qu’il procure l’accomplissement total (des résultats souhaités). Lorsque le rite est fait avec sésame, ghee, grains de riz, caillé, miel et beurre clarifié, on obtient bonne fortune et pouvoir d’attraction/de domination.
Verse 8
घोषासृक्प्राणधात्वर्दी दण्डी गार्तण्डभैरवः धर्मार्थकाममोक्षाणां कर्ता विम्बपुटावृतः
Il accroît le son (la résonance mantrique), le sang, le souffle vital (prāṇa) et les constituants du corps ; il est le Seigneur au bâton, dispensateur du châtiment ; le redoutable Bhairava Gārtaṇḍa, semblable au Soleil ; le donateur des quatre buts humains—dharma, prospérité (artha), plaisir (kāma) et délivrance (mokṣa)—et Celui qui demeure dans l’enceinte sphérique.
Verse 9
ह्रस्वाः स्युर्मूर्तर्यः पञ्च दीर्घा अङ्गानि तस्य च सिन्दूरारुणमीशाने वामार्धदयितं रविं
Dans cette icône, cinq traits doivent être courts, tandis que ses membres doivent être longs. Dans l’aspect Īśāna (nord-est), il doit être d’une teinte rouge vermillon, et le Soleil (Ravi) doit être figuré comme l’aimé sur sa moitié/côté gauche.
Verse 10
आग्नेयादिषु कोणेषु कुजमन्दाहिकेतवः स्नात्वा विधिवदादित्यमाराध्यार्घ्यपुरःसरं
Dans les directions d’angle à partir du sud-est, les adorateurs de Mars, de Saturne, de Rāhu et de Ketu doivent se baigner; puis, selon le rite prescrit, ils doivent vénérer le Soleil (Āditya), précédé de l’offrande d’arghya (oblations d’eau).
Verse 11
कृतान्तमैशे निर्माल्यं तेजश् चण्डाय दीपितं रोचना कुङ्कुमं वारि रक्तगन्धाक्षताङ्कुराः
Pour Kṛtānta et Maheśa, l’offrande prescrite est le nirmālya (restes consacrés du culte) ; pour Caṇḍā, une lampe ardente et éclatante. On offrira aussi la gorocanā, le safran, l’eau, un parfum rouge, du riz entier (akṣata) et des pousses.
Verse 12
वेणुवीजयवाःशालिश्यामाकतिलराजिकाः जवापुष्पान्वितां दत्वा पात्रैः शिरसि धार्य तत्
Après avoir offert (ou donné en aumône) des éventails de bambou, de l’orge, du riz, du millet śyāmāka, du sésame et de la moutarde—avec des fleurs de javā (hibiscus)—on placera ces offrandes dans des récipients et on les portera sur la tête en signe rituel.
Verse 13
जानुभ्यामवनीङ्गत्वा सूर्यायार्घ्यं निवेदयेत् स्वविद्यामन्त्रितैः कुम्भैर् नवभिः प्रार्च्य वै ग्रहान्
S’avançant sur le sol à genoux, sur les deux genoux, on doit offrir l’arghya (libation d’eau révérencielle) au Soleil. Ensuite, après avoir vénéré comme il se doit les neuf Grahas au moyen de neuf pots d’eau consacrés par ses propres mantras appropriés, le rite est accompli.
Verse 14
ग्रहादिशान्तये स्नानं जप्त्वार्कं सर्वमाप्नुयात् संग्रामविजयं साग्निं वीजदोषं सविन्दुकं
Pour apaiser les planètes et les autres afflictions, il faut se baigner puis accomplir le japa du mantra d’Arka (le Soleil) ; ainsi l’on obtient tous les buts — la victoire au combat avec la puissance d’Agni, et la suppression des défauts liés à la semence ou à la lignée (vīja-doṣa), ainsi que le remède aux troubles du « bindu » (goutte séminale).
Verse 15
न्यस्य मूर्धादिपादान्तं मूलं पूज्य तु मुद्रया स्वाङ्गानि च यथान्यासमात्मानं भावयेद्रविं
Après avoir accompli le nyāsa de la tête jusqu’aux pieds, on doit vénérer le mantra racine (mūla-mantra) au moyen de la mudrā prescrite ; puis, en plaçant le (mantra) sur ses propres membres selon le nyāsa, on doit se contempler soi-même comme Ravi (le Soleil).
Verse 16
ध्यानञ्च मारणस्तम्भे पीतगाप्यायने सितम् रिपुघातविधौ कृष्णं मोहयेच्छक्रचापवत्
Dans les méditations relatives aux rites de mise à mort et d’immobilisation (stambha), on doit visualiser (la forme divine) de couleur jaune ; pour les rites de nutrition et d’accroissement, de couleur blanche ; dans les procédés visant à abattre l’ennemi, de couleur noire ; et pour égarer (l’adversaire), comme un arc-en-ciel.
Verse 17
यो ऽभिषेकजपध्यानपूजाहोमपरः सदा तेजस्वी हृजयः श्रीमान् समुद्रादौ जयं लभेत्
Celui qui demeure constamment voué aux rites de consécration (abhiṣeka), à la récitation des mantras (japa), à la méditation, au culte et aux offrandes au feu (homa) devient rayonnant, victorieux dans le cœur et prospère ; il obtient la victoire même dans de grandes entreprises, telles qu’affronter ou traverser l’océan et autres semblables.
Verse 18
ताम्बूलादाविदं न्यस्य जप्त्वा दद्यादुशीरकं न्यस्तुवीजेन हस्तेन स्पर्शनं तद्वशे स्मृतं
Après avoir placé d’abord ce (mantra) sur une feuille de bétel et autres supports, puis l’avoir récité, on doit donner de l’uśīraka (vétiver). Il est dit que toucher de la main où le bīja-mantra a été installé met cette personne sous sa propre influence.
It emphasizes mantra-ritual architecture: constructing and applying bīja-mantras (with bindu and limb-components), performing directional mūrti-worship with mudrā-sealing, executing arghya and nine-kumbha graha worship, and completing the rite through full-body nyāsa and deity-identification (Ravi-bhāvanā).
Sūrya-arcana is taught as disciplined upāsanā that stabilizes vitality and clarity; by integrating nyāsa, japa, and offerings with ethical observance, it channels desired worldly outcomes into a dharmic framework that supports inner steadiness and higher aims.