
Mantra-paribhāṣā (मन्त्रपरिभाषा) — Colophon/Closure
Cet adhyāya sert de clôture formelle (colophon) au segment d’enseignement précédent intitulé « Mantra-paribhāṣā », marquant l’achèvement d’un exposé technique sur la terminologie et les définitions du mantra dans le système de pratique agneya. Dans le mouvement encyclopédique de l’Agni Purana, de tels colophons ne sont pas de simples mentions de copiste : ils signalent le passage du mantra-śāstra (théorie et juste usage de la parole sacrée) à un domaine appliqué où mantra, choix du moment et diagnostic se rencontrent avec la gestion des crises du corps (āyurveda et viṣa-cikitsā). Le texte maintient ainsi la continuité entre la méthode linguistique/rituelle correcte et son déploiement pragmatique pour la protection et la guérison—marque agneya où le śabda (mantra) devient instrument du dharma dans les urgences du monde.
Verse 1
इत्य् आग्नेये महापुराणे मन्त्रपरिभाषा नाम द्विनवत्यधिकद्विशततमो ऽध्यायः अथ त्रिनवत्यधिकद्विशततमो ऽध्यायः नागलक्षणानि अग्निरुचाच नागादयो ऽथ भावादिदशस्थानानि कर्म च सूतकं दष्टचेष्टेति सप्तलक्षणमुच्यते
Ainsi, dans l’Agni Mahāpurāṇa, s’achève le chapitre 293, intitulé « Mantra-paribhāṣā » (Définitions et termes techniques du mantra). Commence maintenant le chapitre 294 : « Nāga-lakṣaṇāni » (Marques et indications concernant les serpents). Agni déclara : Au sujet des serpents et des êtres semblables, les dix loci commençant par bhāva (disposition intérieure), avec karma (action), sūtaka (impureté due à la naissance ou à la mort) et daṣṭa-ceṣṭā (comportement de celui qui a été mordu), sont enseignés comme les sept caractéristiques diagnostiques.
Verse 2
शेषवासुकितक्षाख्याः कर्कटो ऽब्जो महाम्बुजः शङ्खपालश् च कुलिक इत्य् अष्टौनागवर्यकाः
Śeṣa, Vāsuki, Takṣaka, Karkaṭa, Abja, Mahāmbuja, Śaṅkhapāla et Kulika — tels sont proclamés les huit Nāgas (rois-serpents) les plus éminents.
Verse 3
दशाष्टपञ्चत्रिगुणशतमूर्धान्वितौ क्रमात् विप्रौ नृपो विशौ शूद्रौ द्वौ द्वौ नागेषु कीर्तितौ
Dans l’ordre prescrit, les brāhmaṇas, le roi, les vaiśyas et les śūdras sont dits correspondre ici à des nombres de nāgas de dix, huit, cinq et trois ; et, pour chaque catégorie, deux personnes sont mentionnées parmi les nāgas.
Verse 4
तदन्वयाः पञ्चशतं तेभ्यो जाता असंख्यकाः फणिमण्डलिराजीलवातपित्तकफात्मकाः
De leur lignée surgirent cinq cents (variétés) ; et d’elles naquirent d’innombrables autres — classées comme phaṇin, maṇḍalin, rājīla, et selon leur nature de vāta, pitta et kapha.
Verse 5
व्यन्तरा दोषमिश्रास्ते सर्पां दर्वीकराः स्मृताः रथाङ्गलाङ्गलच्छत्रस्वस्तिकाङ्कुशधारिणः
Ces Vyantaras présentent des défauts (moraux) mêlés ; parmi les serpents, on se souvient d’eux comme de la classe Darvīkara, portant les emblèmes de la roue de char (cakra), de la charrue, de l’ombrelle, de la svastika et de l’aiguillon (aṅkuśa).
Verse 6
गोनसा मन्दगा दीर्घा मण्डलैर् विधैश्चिताः रथाङ्गलाङ्गलत्रमुष्टिकाङ्कुशधारिण इति ख स्थिता इति ख राजिलाश्चित्रिताः स्निग्धास्तिर्यगूर्ध्वञ्च वाजिभिः
Les serpents Gonasa se meuvent lentement et ont le corps long, marqué de taches circulaires et de motifs variés — tels des signes de roue de char, de charrue, de tramuṣṭikā (massue/poing) et d’aṅkuśa. Leur corps est strié de lignes rājīla, luisant, et orné de bandes transversales et longitudinales, semblables à celles qu’on voit chez les chevaux.
Verse 7
व्यन्तरा मिश्रचिह्नाश् च भूवर्षाग्नेयवायवः चतुर्विधास्ते षड्विंशभेदाः षोडश गोनसाः
Les Vyantara sont de quatre sortes : ceux aux signes mêlés, ceux du domaine terrestre, ceux de nature ignée et ceux de nature venteuse. Ils se subdivisent en vingt-six sous-types ; et l’on compte en outre seize « Gonasa ».
Verse 8
त्रयोदश च राजीला व्यन्तरा एकविंशतिः ये ऽनुक्तकाले जायन्ते सर्पास्ते व्यन्तराः स्मृताः
Ils sont treize, les Rājīla, et vingt et un, les Vyantara. Les serpents nés en un temps impropre (non mentionné/inauspice) sont tenus pour des « Vyantara ».
Verse 9
आषाढादित्रिमासैः स्याद्गर्भो माषचतुष्टये अण्ड्कानां शते द्वे च चत्वारिंशत् प्रसूयते
À partir d’Āṣāḍha, la gestation est dite de trois mois ; et, pour une mesure de quatre māṣa, il est énoncé que deux cent quarante œufs sont produits.
Verse 10
सर्पा ग्रसन्ति सूतौघान् विना स्त्रीपुन्नपुंसकान् उन्मीलते ऽक्षि सप्ताहात् कृष्णो मासाद्भवेद्वहिः
Les serpents emportent des multitudes de nouveau-nés, sauf ceux qui sont destinés à être femelle, mâle ou non-mâle (troisième sexe/impuissant). L’œil s’ouvre au bout de sept jours ; et, au bout d’un mois, la coloration sombre se manifeste au dehors.
Verse 11
द्वादशाहात् सुबोधः स्यात् दन्ताः स्युः सूर्यदर्शनात् द्वात्रिंशद्दिनविंशत्या चतस्रस्तेषु दंष्त्रिकाः
Au bout de douze jours, le nourrisson devient nettement réceptif et compréhensif. À la vue du soleil, les dents commencent à paraître. Au vingtième jour dans un cycle de trente-deux jours, quatre canines se trouvent parmi elles.
Verse 12
कराली मकरी कालरात्री च यमदूतिका एतास्ताः सविषा दंष्ट्रा वामदक्षिणपार्श्वगाः
Karālī, Makarī, Kālarātrī et Yamadūtikā—ces puissances féminines, aux crocs venimeux, demeurent sur les flancs gauche et droit en tant que gardiennes.
Verse 13
षन्मासान्मुच्यते कृत्तिं जोवेत्सष्टिसमाद्वयं नागाः सूर्यादिवारेशाः सप्त उक्ता दिवा निशि
En six mois, on est délivré de la condition de « kṛtti » (celui qui vit de l’écorchage/du travail des peaux). Il faut connaître la paire de soixante, c’est-à-dire les deux séries de soixante divisions du temps. Les Nāga—seigneurs des jours de la semaine à partir du dimanche—sont dits au nombre de sept, pour le jour comme pour la nuit.
Verse 14
स्वेषां षट् प्रतिवारेषु कुलिकः सर्वसन्धिषु शङ्खेन वा महाब्जेन सह तस्योदयो ऽथवा
Lors de leurs six contre-révolutions, le « kulika » (spirale) est présent à chaque jonction ; et son surgissement (udaya) se produit soit avec un « śaṅkha » (conque), soit avec un « mahābja » (grand lotus).
Verse 15
द्वयीर्वा नाडिकामन्त्रमन्त्रकं कुलिकोदयः दुष्टः स कालः सर्वत्र सर्पदंशे विशेषतः
Soit durant les deux nāḍikā de mauvais augure, soit au moment appelé « Kulikodaya » (l’élévation de Kulika), cette période est tenue pour défavorable à l’usage des mantras ; elle est nuisible dans tous les rites—surtout en cas de morsure de serpent.
Verse 16
कृत्तिका भरणी स्वाती मूलं पूर्वत्रयाश्वनी विशाखार्द्रा मघाश्लेषा चित्रा श्रवणरोहिणी
Kṛttikā, Bharaṇī, Svātī, Mūla, les trois Pūrvā, Aśvinī, Viśākhā, Ārdrā, Maghā, Āśleṣā, Citrā, Śravaṇa et Rohiṇī.
Verse 17
हस्ता मन्दकुजौ वारौ पञ्चमी चाष्टमी तिथिः नाडिकामात्रसन्त्रकमिति ञ विनिर्दिशेदिति क , ख , ज , ट च षष्ठी रैक्ता शिवा निन्द्या पञ्चमी च चतुर्दशी
Lorsque le nakṣatra Hastā survient aux jours de Saturne (samedi) et de Mars (mardi), les tithis cinquième et huitième sont tenus pour produire un empêchement ne durant qu’une nāḍikā (brève mesure du temps). Cela est énoncé comme la catégorie « ña ». De même, pour les catégories ka, kha, ja et ṭa : le sixième tithi est « vide » (sans effet), la dite śivā est blâmable, et les tithis cinquième et quatorzième sont aussi à éviter.
Verse 18
सन्ध्याचतुष्टयं दुष्टं दग्धयोगाश् च राशयः एकद्विबहवो दंशा दष्टविद्धञ्च खण्डितम्
Les quatre régions de jonction (sandhyā) du corps sont sujettes à devenir duṣṭa, c’est‑à‑dire à s’infecter ou se corrompre. Il existe aussi des groupes d’affections liées aux brûlures. Les morsures (daṃśa) peuvent être simples, doubles ou multiples ; et les blessures comprennent celles dues à la morsure, à la perforation/pénétration, ainsi que celles qui sont lacérées ou brisées en fragments.
Verse 19
अदंशमवगुप्तं स्याद्दंशमेवं चतुर्विधम् त्रयो द्व्येकक्षता दंशा वेदना रुधिरोल्वणा
Une lésion sans véritable marque de morsure est appelée avagupta, un gonflement dissimulé/non dû à une morsure. La morsure véritable (daṃśa) est de quatre sortes ; parmi elles, celles à trois perforations, à deux perforations ou à une seule perforation, caractérisées par la douleur et un saignement abondant.
Verse 20
नक्तन्त्वेकाङ्घ्रिकूर्माभा दंशाश् च यमचोदिताः दीहीपिपीलिकास्पर्शी कण्ठशोथरुजान्वितः
Ensuite, sur l’ordre de Yama, des créatures mordantes—errant la nuit, semblables à une tortue et pourvues d’un seul pied—l’assaillent ; il est aussi tourmenté par le contact d’insectes piqueurs et de fourmis, et souffre d’un gonflement de la gorge et de douleurs.
Verse 21
सतोदो रन्थितो दंशः सविषो न्यस्तनिर्विषः देवालये शून्यगृहे वल्मीकोद्यानकोटरे
Une morsure ou piqûre (daṃśa) peut être de type perforant, de type déchirant/qui broie, venimeuse, ou bien telle que le venin a déjà été déposé (ou s’est épuisé). De telles (créatures ou morsures) se rencontrent dans un temple, dans une maison vide, dans une fourmilière (valmīka), dans un jardin ou dans une cavité.
Verse 22
रथ्यासन्धौ श्मशाने च नद्याञ्च सिन्धुसङ्गमे द्वीपे चतुष्पथे सौधे गृहे ऽब्जे पर्वताग्रतः
À un carrefour de rues, au terrain de crémation, sur la berge d’un fleuve et au confluent où le fleuve rejoint la mer; sur une île, à un croisement de quatre voies, dans un manoir à étages, dans une maison, sur un lotus et devant un sommet montagneux—tels sont proclamés des lieux puissants pour les rites tels que le japa et les observances.
Verse 23
विलहद्वारे जीर्णकूपे जीर्णवेश्मनि कुड्यके शिग्रुश्लेष्मातकाक्षेषु जम्बू डुम्बरेणेषु च
Une porte brisée ou béante, un vieux puits délabré, une maison en ruine et un mur endommagé—de même, une demeure située parmi les arbres śigru, śleṣmātaka et akṣa, ainsi que parmi les arbres jambū et ḍumbara—doivent être tenus pour des défauts et des conditions inauspices pour l’habitation ou le lieu.
Verse 24
वटे च जीर्णप्राकारे खास्यहृत्कक्षजत्रुणि तालौ शङ्खे गले मूर्ध्नि चिवुके नाभिपादयोः
De plus, (l’atteinte) se situe au vaṭa (aine/région inguinale) et dans les anciennes cicatrices; dans la bouche et la gorge, dans la région du cœur, à l’aisselle et à la clavicule; sur le palais, aux tempes, au cou, sur la tête, au menton, ainsi qu’au nombril et aux pieds.
Verse 25
दंशो ऽशुभः शुभो दूतः पुष्पहस्तः सुवाक् सुधीः लिङ्गवर्णसमानश् च शुक्लवस्त्रो ऽमलः शुचिः
Un messager portant une marque de morsure (ou de piqûre) est de mauvais augure. Mais est de bon augure le messager qui tient des fleurs en main, parle avec justesse, est intelligent, dont les signes corporels et le teint sont normaux et harmonieux, vêtu de blanc, sans tache et pur.
Verse 26
अपद्वारगतः शस्त्री प्रमादी भूगतेक्षणः विवर्णवासाः पाशादिहस्तो गद्गदवर्णभाक्
Un homme portant une arme, se tenant à une porte inauspice, négligent dans son maintien, le regard baissé vers le sol, vêtu de vêtements déteints, tenant en main un lacet (pāśa) ou semblable, et parlant d’une voix bégayante ou rauque—une telle vision est de mauvais augure.
Verse 27
शुष्ककाष्ठाश्रितः खिन्नस्तिलाक्तककरांशुकः आर्द्रवासाः कृष्णरक्तपुष्पयुक्तशिरोरुहः
Qu’il demeure près du bois sec, qu’il reste soumis et las des austérités, les mains et le vêtement enduits de tila-alktaka (teinture rouge à base de sésame), qu’il porte des habits humides et qu’il place des fleurs noires et rouges dans sa chevelure.
Verse 28
कुचमर्दी नखच्छेदी गुदस्पृक् पादलेखकः सदंशमवलुप्तमिति ञ कण्ठशोषरुजान्त्रित इति ञ केशमुञ्ची तृणच्छेदी दुष्टा दूतास्तथैकशः
Une messagère qui presse ses seins, se coupe les ongles, touche l’anus, ou gratte/marque le sol du pied; celle qui porte des traces de morsures ou dont les cheveux tombent par plaques; celle qui souffre de sécheresse de la gorge, de douleur et de troubles intestinaux—doit être reconnue comme une messagère de mauvais augure (duṣṭā). De même, celle qui s’arrache les cheveux ou coupe l’herbe sans raison est aussi une messagère funeste.
Verse 29
इडान्या वा वहेद्द्वेधा यदि दूतस्य चात्मनः आभ्यां द्वाभ्यां पुष्टयास्मान् विद्यास्त्रीपुन्नपुंसकान्
Si, chez le messager et chez soi-même, la nāḍī iḍā ou l’autre, piṅgalā, s’écoule d’une manière double, alors, à partir de ces deux courants—selon leurs signes de vigueur et de nourrissement—il faut discerner si la connaissance/le résultat à venir est de nature féminine, masculine ou neutre.
Verse 30
दूतः स्पृशति यद्गात्रं तस्मिन् दंशमुदाहरेत् दूताङ्घ्रिचलनं दुष्ठमुत्थितिर्निश् चला शुभा
Quel que soit le membre du corps que touche le messager, c’est ce lieu même qu’il faut déclarer atteint d’une morsure/plaie. L’agitation des pieds du messager est de mauvais augure; se lever et se tenir debout avec stabilité, sans remuer, est de bon augure.
Verse 31
जीवपार्श्वे शुभो दूतो दुष्टो ऽन्यत्र सम्मागतः जीवो गतागतैर् दुष्टः शुभो दूतनिवेदने
Quand un messager de bon augure apparaît auprès de la personne vivante, tandis qu’un messager funeste est rencontré ailleurs, la personne est atteinte par ce mauvais présage au gré des allées et venues; mais si le rapport ou le message du messager est de bon augure, on le tient pour favorable.
Verse 32
दूतस्य वाक् प्रदुष्टा सा पूर्वामजार्धनिन्दिता विभक्तैस्तस्य वाक्यान्तैर्विषर्निर्विषकालता
La parole du messager peut se corrompre, blâmée comme la faute dite « pūrvāmajārdha-ninditā » ; et lorsque les finales de ses phrases sont mal segmentés, il en résulte la faute « viṣa–nirviṣa–kālatā », c’est-à-dire transformer « poison » en « non-poison » (ou l’inverse) par une division et un tempo fautifs des mots.
Verse 33
आद्यैः स्वरैश् च काद्यश् च वर्गैर् भिन्नलिपिर्द्विधा स्वरजो वसुमान्वर्गी इतिक्षेपा च मातृका
Avec les voyelles initiales et les séries commençant par ka, l’écriture (alphabet) est de deux sortes. La Mātṛkā (matrice phonémique) se classe en : « svaraja » (née des voyelles), « vasumat » (octuple), « vargī » (consonnes groupées) et « iti-kṣepā » (adjonction du marqueur final “iti”).
Verse 34
वाताग्नीन्द्रजलात्मानो वर्गेषु च चतुष्टयम् नपुंसकाः पञ्चमाः स्युः स्वराः शक्राम्बुयोनयः
Dans les classes consonantiques (varga), les quatre premières rangées sont désignées par Vāta (vent), Agni (feu), Indra et Jala (eau). La cinquième rangée est neutre (napuṃsaka). Quant aux voyelles, elles sont désignées par Śakra (Indra), Ambu (eau) et Yoni (source/origine).
Verse 35
दुष्टौ दूतस्य वाक्पादौ वाताग्नी मध्यमो हरिः प्रशस्ता वारुणा वर्णा अतिदुष्टा नपुंसकाः
Pour un messager, les présages tirés de la parole et des pieds sont néfastes. Un teint dominé par vāta et agni est moyen ; une teinte hari (jaune verdâtre/brun verdâtre) est favorable ; une teinte vāruṇa (de nature aqueuse) est également favorable ; mais une apparence napuṃsaka (sans différenciation sexuelle/androgyne) est extrêmement néfaste.
Verse 36
प्रस्थाने मङ्गलं वाक्यं गर्जितं मेघहस्तिनोः प्रदक्षिणं फले वृक्षे वामस्य च रुतं जितं
Au moment du départ, une parole de bon augure, le grondement tonitruant des nuages et des éléphants, un signe allant vers la droite (pradakṣiṇa), des fruits sur un arbre, et le cri venant de la gauche — tout cela est tenu pour favorable et dispensateur de victoire.
Verse 37
शुभा गीतादिशब्दाः स्युरीदृशं स्यादसिद्धये अनर्थगीरथाक्रन्दो दक्षिणे विरुतं क्षुतम्
Les sons auspicious, tels que le chant et autres, sont tenus pour favorables; toutefois un son de cette sorte peut aussi annoncer l’échec. De même, les paroles dénuées de sens, les lamentations, un cri entendu du côté droit (au sud) et l’éternuement à cet instant sont des présages de non-accomplissement.
Verse 38
वेश्या क्षुतो नृपः कन्या गौर्दन्ती मुरजध्वजौ क्षीराज्यदधिशङ्खाम्बु छत्रं भेरी फलं सुराः
Une courtisane; un éternuement; un roi; une jeune fille; une vache; un éléphant; un tambour et une bannière; lait, ghee, caillé, conque et eau; un parasol; un tambour de guerre; des fruits; et une boisson enivrante — tels sont, en ce contexte, les objets comptés parmi les signes de présage (nimitta).
Verse 39
तण्डुला हेम रुप्यञ्च सिद्धये ऽभिमुखा अमी सकाष्ठः सानलः कारुर्मलिनाम्बरभावभृत्
Des grains de riz, de l’or et de l’argent — qu’on les dispose face (au rite ou à l’officiant) pour l’obtention du succès (siddhi). Est également de bon augure l’arrivée d’un artisan (kāru) portant bois et feu, vêtu d’habits souillés (c’est-à-dire humblement, sans parure).
Verse 40
गलस्थटङ्गो गोमायुगृध्रोलूककपर्दिकाः तैलं कपालकार्पासा निषेधे भस्म नष्टये
Pour contrecarrer (une atteinte ou une opération maléfique), on emploie l’huile préparée avec galasthaṭaṅga, bouse de vache, vautour, hibou et kapardikā; avec de l’os de crâne et du coton — prescription destinée à ôter le bhasma (cendre nuisible ou son effet).
Verse 41
विषरोगाश् च सप्त स्युर्धातोर्धात्वन्तराप्तितः विषदंशो ललाटं यात्यतोनेत्रं ततौ सुखम् आस्याच्च वचनीनाड्यौ धातून प्राप्नोति हि क्रमात्
On dit que les maladies dues au poison sont au nombre de sept, nées du passage du poison d’un dhātu (tissu corporel) à l’autre. Le siège de la morsure ou du poison se porte d’abord au front, puis aux yeux, et ensuite survient un apaisement. Depuis la bouche, il atteint les canaux de la parole, et, selon l’ordre, progresse vers les tissus du corps.
Its key function is structural: it closes the Mantra-paribhāṣā section and signals a methodological shift from defining mantra-technicalities to applying them in a medical-ritual context.
By insisting on correct śāstric framing and disciplined transitions, it models how precise knowledge and right procedure support dharmic action—turning technique into sādhana rather than mere utility.