Adhyaya 292
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Adhyaya 292

Mantra-paribhāṣā (Technical Definitions and Operational Rules of Mantras)

Agni définit la science des mantras comme une discipline aux deux fruits—bhukti (jouissance et bienfaits mondains) et mukti (délivrance)—et ouvre par une taxinomie de la structure : bīja-mantras et mālā-mantras plus longs, avec le seuil de nombre de syllabes porteur de siddhi. Il classe ensuite les mantras selon le genre grammatical et selon la nature énergétique (Agneya/ardent, igné, vs Saumya/doux), montrant comment des finales telles que « namaḥ » et « phaṭ » modifient la force opératoire du mantra pour des rites d’apaisement ou de contrainte (y compris uccāṭana et les contextes de ligature), avec des restrictions énoncées. Le chapitre se tourne vers la pratique : état de veille, débuts phonétiques auspicieux, présages et agencements liés à l’écriture (lipi) et à l’ordonnancement des nakṣatras. Il souligne que la perfection du mantra naît d’une sādhanā disciplinée—japa, pūjā, homa et abhiṣeka—reçue par la dīkṣā et la transmission du guru, avec des qualifications éthiques strictes pour maître et disciple. Enfin, il codifie la mécanique rituelle appliquée : proportions de japa, fractions du homa, modes de récitation du sonore au mental, orientation et choix du lieu, divinités des tithi et des jours, et nyāsa détaillé (lipi-nyāsa, aṅga-nyāsa, mātṛkā-nyāsa), culminant en Vāgīśī/Lipi-devī comme principe d’empowerment rendant tous les mantras dispensateurs de siddhi.

Shlokas

Verse 1

इत्य् आग्नेये महापुराणे शान्त्यायुर्वेदो नामैकनवत्यधिकद्विशततमो ऽध्यायः अथ द्विनवत्यधिकद्विशततमो ऽध्यायः मन्त्रपरिभाषा अग्निर् उवाच मन्त्रविद्याहरिं वक्ष्ये भुक्तिमुक्तिप्रदं शृणु विंशत्यर्णाधिका मन्त्रा मालामन्त्राः स्मृता द्विज

Ainsi, dans l’Agni Mahāpurāṇa s’achève le chapitre intitulé « Śānti et Āyurveda », le 291e chapitre. Commence maintenant le 292e chapitre : « Mantra-paribhāṣā » (définitions techniques concernant les mantras). Agni dit : « J’exposerai le “Hari”, l’essence de la science des mantras ; écoute : il confère jouissance mondaine et délivrance. Ô deux-fois-né, les mantras de plus de vingt syllabes sont tenus pour des “mālā-mantras” (mantras-guirlandes). »

Verse 2

दशाक्षराधिका मन्त्रास्तदर्वाग्वीजसंज्ञिताः वर्धक्ये सिद्धिदा ह्य् एते मालामन्त्रास्तु यौवेन

Les mantras qui comptent plus de dix syllabes sont appelés « mālā-mantras » ; ceux qui en ont moins portent le nom de « bīja (graine) »-mantras. Ceux-ci accordent véritablement le siddhi dans la vieillesse, tandis que les mālā-mantras sont efficaces dans la jeunesse.

Verse 3

पञ्चाक्षराधिका मन्त्राः सिद्धिदाः सर्वदापरे स्त्रीपुंनपुंसकत्वेन त्रिधाः स्युर्मन्त्रजातयः

Les mantras composés de cinq syllabes ou davantage sont, en tout temps, dispensateurs d’accomplissement (siddhi). De plus, les catégories de mantras sont au nombre de trois selon le genre grammatical : féminin, masculin et neutre.

Verse 4

स्त्रीमन्त्रा वह्निजायन्ता नमोन्ताश् च नपुंसकाः शेषाः पुमांसस्ते शस्ता वक्ष्योच्चाटविषेषु च

Les mantras féminins, ceux qui commencent par (la syllabe-graine ou le nom du) Feu (Vahni/Agni), et ceux qui se terminent par « namaḥ » sont tenus pour neutres ; les autres sont masculins. Cette classification est prescrite, et j’énoncerai leurs usages particuliers dans les rites d’uccāṭana (expulsion).

Verse 5

क्षुद्रक्रियामयध्वंसे स्त्रियो ऽन्यत्र नपुंसकाः मन्त्रावाग्नेयसौम्याख्यौ ताराद्यन्तार्द्वयोर्जपेत्

Pour détruire les malheurs engendrés par de petites pratiques nuisibles (sorcelleries mineures), les femmes—qui, autrement, relèvent du neutre—doivent accomplir le japa des deux mantras dits Agneya et Saumya, en les plaçant entre la syllabe initiale et la syllabe finale de Tārā.

Verse 6

तारान्त्याग्निवियत्प्रायो मन्त्र आग्नेय इष्यते शिष्टः सौम्यः प्रशस्तौ तौ कर्मणोः क्रूरसौम्ययोः

Le mantra qui contient principalement « tārā », « antya », « agni » et « viyat » est tenu pour Agneya (de nature ignée). Les autres mantras sont Saumya (doux, de caractère lunaire). Ces deux-là sont loués, respectivement, pour deux sortes de rites : les rites âpres (krūra) et les rites doux (saumya).

Verse 7

बन्धोच्चाटवशेषु चेति ज स्त्रियो नात्रेति ख आग्नेयमन्त्रः सौम्यः स्यात्प्रायशो ऽन्ते नमो ऽन्वितः सौम्यमन्त्रस् तथाग्नेयः फट्कारेणान्ततो युतः

Dans les rites concernant l’entrave (bandha) et l’expulsion (uccāṭana), les codes de lettres sont enseignés comme « ja » et « kha », et il est dit : « les femmes ne s’appliquent pas ici ». En règle générale, un mantra Agneya devient « saumya » lorsqu’il se termine par « namaḥ » ; de même, un mantra Saumya devient « agneya » lorsqu’il se termine par l’exclamation « phaṭ ».

Verse 8

सुप्तः प्रबुद्धमात्रो वा मन्त्रः सिद्धिं न यच्छति श्वापकालो महावाहो जागरो दक्षिणावहः

Le mantra n’accorde pas la siddhi lorsque l’on dort ou que l’on n’est qu’à demi éveillé. Ô aux bras puissants, le temps nommé « śvāpa-kāla » est propre au sommeil, tandis que la veille est liée au cours méridional (dakṣiṇāvaha).

Verse 9

आग्नेयस्य मनोः सौम्यमन्त्रस्यैतद्विपर्ययात् प्रबोधकालं जानीयादुभयोरुभयोरहः

Dans le cas du mantra Agneya de Manu et du mantra Saumya, en appliquant l’inverse (c’est-à-dire en renversant la règle énoncée), on doit connaître le temps de l’éveil (prabodha-kāla) ; ainsi, dans les deux cas, le jour correspondant doit être déterminé.

Verse 10

दुष्टर्क्षराशिविद्वेषिवर्णादीन् वर्जयेन्मनून् राज्यलाभोपकाराय प्रारभ्यारिः स्वरः कुरून्

Afin d’obtenir le gain de la souveraineté, il faut éviter les mantras ou formules de nom qui commencent par des nakṣatras ou des rāśis inauspicieux, ainsi que ceux qui s’ouvrent sur des syllabes hostiles. Qu’on règle plutôt le ton et l’articulation pour que, dès l’origine, le son soit de nature « ari- » (qui dompte l’ennemi).

Verse 11

गोपालककुटीं प्रायात् पूर्णामित्युदिता लिपिः नक्षेत्रेक्षक्रमाद्योज्या स्वरान्त्यौ रेवतीयुजौ

Qu’on se rende à la « Gopālaka-kuṭī » (la hutte du gardien de vaches) ; cette écriture est déclarée « complète ». Elle doit être disposée selon la suite des nakṣatras (demeures lunaires). La première et la dernière voyelle doivent être jointes à Revatī.

Verse 12

वेला गुरुः स्वराः शोणः कर्मणैवेतिभेदिताः लिप्यर्णा वशिषु ज्ञेया षष्ठेशादींश् च योजयेत्

La mesure du temps (velā) est dite « lourde » (guru). Les voyelles sont « rouges » (śoṇa) et se distinguent par l’opération (karma) elle-même. Les lettres telles qu’écrites (lipi-arṇāḥ) doivent être comprises dans les sifflantes (vaśiṣu) ; et l’on appliquera aussi la règle commençant par la sixième (ṣaṣṭha) et ainsi de suite.

Verse 13

लिपौ चतुष्पथस्थायामाख्यवर्णपदान्तराः सिद्धाः साध्या द्वितीयस्थाः सुसिद्धा वैरिणः परे

Lorsqu’on lit un présage à partir d’une écriture trouvée à un carrefour à quatre voies, les lettres et les intervalles entre les mots s’interprètent ainsi : la première position indique le « siddha » (réussite) ; la deuxième indique le « sādhya » (ce qui doit être accompli) et aussi le « su-siddha » (réussite éminente) ; tandis que les positions plus éloignées désignent les « vairin » (adversaires).

Verse 14

सिद्धादीन् कल्पयेदेवं सिद्धात्यन्तगुणैर् अपि सिद्धे सिद्धो जपात् साध्यो जपपूजाहुतादिना

Ainsi doit-on établir rituellement et mettre en œuvre les catégories dites « Siddha » et celles qui s’y rattachent, fût-ce au moyen des excellences suprêmes issues de la perfection du mantra. Quand le mantra est parfait, l’adepte devient accompli ; et cette perfection s’obtient par le japa (récitation), le culte, les offrandes au feu (homa) et les observances connexes.

Verse 15

सुसिद्धो ध्यानमात्रेण साधकं नाशयेदरिः दुष्टार्णप्रचुरो यः स्यान्मन्त्रः सर्वविनिन्दितः

Même lorsqu’un mantra est parfaitement accompli, un ennemi peut anéantir le pratiquant par la seule méditation ; et tout mantra chargé de syllabes corrompues (inauspiciées ou défectueuses) est universellement blâmé.

Verse 16

प्रविश्य विधिवद्दीक्षामभिषेकावसानिकाम् श्रुत्वा तन्त्रं गुरोर् लब्धं साधयेदीप्सितं मनुम्

Après être entré dûment dans l’initiation (dīkṣā) selon le rite prescrit—qui s’achève par la consécration (abhiṣeka)—et après avoir reçu et entendu le Tantra obtenu de son guru, on doit alors accomplir (par la pratique) le mantra (manu) désiré.

Verse 17

धीरो दक्षः शुचिर्भक्तो जपध्यानादितत्परः सिद्धद्यन्तदलैर् अपीति ज जपपूर्णाहुतादिनेति ख सिद्धस्तपस्वी कुशलस्तन्त्रज्ञः सत्यभाषणः

Il est ferme, capable, pur et dévot—appliqué au japa, à la méditation et aux disciplines connexes. C’est un accompli : ascète (tapasvī), compétent, connaisseur du Tantra (système rituel) et véridique dans sa parole.

Verse 18

निग्रहानुग्रहे शक्तो गुरुरित्यभिधीयते शान्तो दान्तः पटुश्चीर्णब्रह्मचर्यो हविष्यभुक्

Celui qui a le pouvoir à la fois de réfréner (discipliner) et d’accorder la faveur (la grâce) est appelé guru — paisible, maître de soi, compétent, ayant observé le brahmacarya, et vivant de la nourriture sacrificielle (haviṣ).

Verse 19

कुर्वन्नाचार्यशुश्रूषां सिद्धोत्साही स शिष्यकः स तूपदेश्यः पुत्रश् च विनयी वसुदस् तथा

Celui qui rend un service attentif au maître (ācārya) et demeure résolument énergique pour accomplir ce qui doit l’être, celui-là est un véritable disciple. Un tel être est digne de recevoir l’enseignement; de même, un fils discipliné (humble et bien formé) et dispensateur de biens (soutien généreux) est aussi apte à être instruit.

Verse 20

मन्त्रन्दद्यात् सुसिद्धौ तु सहस्रं देशिकं जपेत् यदृच्छया श्रुतं मन्त्रं छलेनाथ बलेन वा

Lorsqu’un mantra est pleinement accompli (siddhi, c’est-à-dire éprouvé efficace dans la pratique), on peut alors le transmettre; et le disciple doit le répéter mille fois sous l’autorité du maître. Mais un mantra entendu seulement par hasard—par ruse ou par contrainte—ne doit pas être tenu pour correctement reçu.

Verse 21

पत्रे स्थितञ्च गाथाञ्च जनयेद्यद्यनर्थकम् मन्त्रं यः साधयेदेकं जपहोमार्चनादिभिः

Si l’on produit (compose ou écrit) des vers et des chants dépourvus de sens, cela devient vain. Mais celui qui mène à la perfection ne fût-ce qu’un seul mantra par le japa (répétition), le homa (oblations), le culte et les pratiques connexes, accomplit réellement le but.

Verse 22

क्रियाभिर्भूरिभिस्तस्य सिध्यन्ते स्वल्पसाधनात् सम्यक्सिद्धैकमन्त्रस्य नासाध्यमिह किञ्चन

Pour celui qui possède un seul mantra accompli de manière correcte, de nombreuses opérations rituelles s’accomplissent avec peu de pratique; car pour un mantra unique parfaitement réalisé, rien n’est impossible ici, en ce monde.

Verse 23

बहुमन्त्रवतः पुंसः का कथा शिव एव सः दशलक्षजपादेक वर्णो मन्त्रः प्रसिध्यति

Pour l’homme qui possède de nombreux mantras, que reste-t-il à dire? Il est véritablement Śiva lui-même. Par la répétition dix millions de fois, même un mantra d’une seule syllabe s’établit solidement et devient efficace et renommé.

Verse 24

वर्णवृद्ध्या जपह्रासस्तेनान्येषां समूहयेत् वीजाद्द्वित्रिगुणान्मन्त्रान्मालामन्त्रे जपक्रिया

Lorsque le nombre de syllabes (d’un mantra) augmente, le nombre de répétitions doit être réduit; selon ce principe, il faut aussi ajuster proportionnellement les comptes des autres mantras associés. Pour le mālā-mantra (formule du rosaire), la pratique du japa s’accomplit avec un nombre deux ou trois fois supérieur à celui du bīja (mantra-graine).

Verse 25

सङ्ख्यानुक्तौ शतं साष्टं सहस्रं वा जपादिषु जपाद्दशांशं सर्वत्र साभिशेकं हुतं विदुः

Lorsqu’un compte précis est prescrit, dans le japa et les rites connexes on doit accomplir soit 108 répétitions, soit mille. En tout cas, l’oblation au feu (huta/homa) est tenue pour le dixième du japa, et elle doit être faite avec l’abhiṣeka (aspersion ou onction rituelle).

Verse 26

द्रव्यानुक्तौ घृतं होमे जपो ऽशक्तस्य सर्वतः मूलमन्त्राद्दशांशः स्यादङ्गादीनां जपादिकम्

Quand aucune substance d’offrande n’est indiquée, on doit utiliser le ghṛta (ghee) dans le homa. Pour celui qui est incapable d’accomplir le rite complet, le japa est recommandé à tous égards. La répétition et les actes connexes pour les aṅga (mantras auxiliaires, « membres ») doivent être le dixième du compte prescrit pour le mūla-mantra (mantra racine).

Verse 27

जपात्सशक्तिमन्त्रस्य कामदा मन्त्रदेवताः साधकस्य भवेत् तृप्ता ध्यानहोमार्चनादिना

Par le japa d’un mantra doté de puissance, les mantra-devatā—divinités du mantra, dispensatrices des buts désirés—se trouvent satisfaites envers le sādhaka (pratiquant) par des moyens tels que la méditation, les offrandes au feu, l’adoration (arcana) et autres pratiques semblables.

Verse 28

उच्चैर्जपाद्विशिष्टः स्यादुपांशुर्दशभिर्गुणैः जिह्वाजपे शतगुणः सहस्रो मानसः स्मृतः

Comparée à la récitation à haute voix (uccair-japa), la récitation murmurée (upāṁśu-japa) est supérieure d’un mérite décuplé ; la récitation par la langue (jihvā-japa) vaut cent fois ; et la répétition mentale (mānasa-japa) est tenue pour mille fois.

Verse 29

प्राङ्मुखो ऽवाङ्मुखो वापि मन्त्रकर्म समारभेत् प्रणवाद्याः सर्वमन्त्रा वाग्यतो विहिताशनः

Tourné vers l’est — ou, à défaut, vers le nord — on doit commencer l’accomplissement du rite mantrique. Tous les mantras doivent être précédés de la syllabe Oṃ ; et le pratiquant, ayant maîtrisé la parole, doit observer la discipline alimentaire prescrite.

Verse 30

आसीनस्तु जपेन्मन्त्रान्देवताचार्यतुल्यदृक् कुटीविविक्ता देशाः स्युर्देवालयनदीह्रदाः

Assis, on doit répéter les mantras, en portant sur la divinité et sur le maître un regard de révérence égal. Les lieux convenables (pour le japa) sont une hutte retirée ou des endroits solitaires — tels que les temples, les rives des rivières et les lacs.

Verse 31

सिद्धौ यवागूपूपैर् वा पयो भक्ष्यं हविष्यकम् मन्त्रस्य देवता तावत् तिथिवारेषु वै जपेत्

Pour obtenir la mantra-siddhi, on doit offrir comme havis soit une bouillie de riz (yavāgū) et des gâteaux (pūpa), soit du lait comme offrande comestible. Ensuite, on récitera (le mantra) aux tithi et aux jours de la semaine appropriés, durant le temps prescrit pour la divinité présidant à ce mantra.

Verse 32

कृष्णाष्टमीचतुर्दश्योर्ग्रहणादौ च साधकः दस्रो यमो ऽनलो धाता शशी रुद्रो गुरुर्दितिः

Aux huitième et quatorzième tithi de la quinzaine sombre (kṛṣṇa-aṣṭamī et kṛṣṇa-caturdaśī) — ainsi qu’au commencement d’une éclipse — le Sādhaka-yoga correspondant est indiqué pour le pratiquant ; (ses noms présidants) sont Dasra, Yama, Anala, Dhātā, Śaśī, Rudra, Guru et Diti.

Verse 33

सर्पाः पितरो ऽथ भगो ऽर्यमा शोतेतरद्युतिः त्वष्टा मरुत इन्द्राग्नी मित्रेन्द्रौ निरृतिर्जलम्

Les Serpents (Nāgas), les Pitṛ (pères ancestraux), puis Bhaga et Aryaman ; Śote et Taradyuti ; Tvaṣṭṛ ; les Maruts ; Indra et Agni ; Mitra et Indra ; Nirṛti ; et les Eaux.

Verse 34

विश्वेदेवा हृषीकेशो वायवः सलिलाधिपः अजैकपादहिर्व्रध्नः पूषाश्विन्यादिदेवताः

Les Viśvedevas, Hṛṣīkeśa, les Vāyus, le Seigneur des Eaux, Aja-Ekapād, Ahirbudhnya, Pūṣan et les Aśvins — ceux-ci et les autres divinités (doivent être invoqués/vénérés).

Verse 35

अग्निदस्रावुमा निघ्नो नागश् चन्द्रो दिवाकरः मातृदुर्गा दिशामीशः कृष्णो वैवस्वतः शिवः

Agni ; les Nasatya (les Aśvins) ; Vāyu ; le Tueur (destructeur des obstacles) ; Nāga ; la Lune ; le Soleil ; la Mère Durgā ; le Seigneur des Directions ; Kṛṣṇa ; Vaivasvata (Yama, fils de Vivasvān) ; et Śiva.

Verse 36

पञ्चदश्याः शशाङ्कस्तु पितरस्तिथिदेवताः हरो दुर्गा गुरुर्विष्णुर्ब्रह्मा लक्ष्मीर्धनेश्वरः

Pour le quinzième jour lunaire (Pañcadaśī), la Lune (Śaśāṅka) est la divinité présidente ; les Pitṛ sont les divinités des jours de tithi. Sont aussi énumérés dans ce système : Hara (Śiva), Durgā, Guru (Bṛhaspati), Viṣṇu, Brahmā, Lakṣmī et Dhaneśvara (Kubera).

Verse 37

एते सुर्यादिवारेशा लिपिन्यासो ऽथ कथ्यते केशान्तेषु च वृत्तेषु चक्षुषोः श्रवणद्वये

Tels sont les seigneurs présidant aux jours à partir du dimanche. Maintenant est décrit le lipi-nyāsa (placement rituel des lettres) : il doit être accompli aux extrémités des cheveux (sur la tête), sur les régions circulaires (des tempes), sur les deux yeux et sur la paire d’oreilles.

Verse 38

नासागण्डौष्ठदन्तानां द्वे द्वे मूर्धस्ययोः क्रमात् वर्णान् पञ्चसुवर्गानां बाहुचरणसन्धिषु

Des cinq classes de consonnes (les cinq varga), les sons doivent être articulés, deux par deux et dans l’ordre prescrit, au nez, aux joues, aux lèvres et aux dents; de même (dans les autres lieux) au palais et à la gorge; et leur articulation est encore indiquée aux articulations des bras et des jambes.

Verse 39

पार्श्वयोः पृष्ठतो नाभौ हृदये च क्रमान्न्यसेत् तरेति ख पञ्चस्वरवर्गाणामिति ख यादींश् च हृदये न्यस्येदेषां स्युः सप्तधातवः

On doit placer (les syllabes prescrites) dans l’ordre, sur les deux côtés, sur le dos, au nombril et au cœur. Ainsi, les cinq groupes de voyelles et la série « ya » (ya-ādi) sont à déposer sur le cœur; d’eux naissent les sept constituants du corps (dhātu).

Verse 40

त्वगसृङ्मांसकस्नायुमेदोमज्जाशुक्राणि धातवः वसाः पयो वासको लिख्यन्ते चैव लिपीश्वराः

La peau, le sang, la chair, les tendons/filaments (snāyu), la graisse, la moelle et le sperme sont appelés constituants du corps (dhātu). La graisse (vasā), le lait (payaḥ) et vāsaka sont aussi consignés par écrit—ainsi l’enseignent les autorités en terminologie (lipīśvara).

Verse 41

श्रीकण्ठो ऽनन्तसूक्ष्मौ च त्रिमूर्तिरमरेश्वरः अग्नीशो भावभूतिश् च तिथीशः स्थानुको हरः

Il est Śrīkaṇṭha (Celui à la gorge auspicious); Il est Ananta (l’Infini) et Sūkṣma (le Subtil). Il est la Trimūrti (incarnant les trois fonctions cosmiques) et Amareśvara (Seigneur des immortels). Il est Agnīśa (Seigneur du Feu), Bhāva (le Seigneur en tant qu’« Être ») et Bhūti (cendre sacrée/puissance sainte). Il est Tithīśa (Seigneur des jours lunaires), Sthāṇu (l’Immobile) et Hara (Celui qui ôte).

Verse 42

दण्डीशो भौतिकः सद्योजातश्चानुग्रहेश्वरः अक्रूरश् च महासेनः शरण्या देवता अमूः

Voici les divinités à se remémorer : Daṇḍīśa, Bhautika, Sadyojāta, Anugraheśvara, Akrūra et Mahāsena—bienveillantes et dispensatrices de refuge.

Verse 43

ततः क्रोधीशत्तण्डौ च पञ्चान्तकशिवोत्तमौ तथैव रुद्रकूर्मौ च त्रिनेत्रौ चतुराननः

Ensuite (sont invoqués) Krodhīśa et Taṇḍu ; Pañcāntaka et Śivottama ; de même Rudra et Kūrma ; ainsi que le Trois-Yeux et le Quatre-Visages.

Verse 44

अजेशः शर्मसोनेशौ तथा लाङ्गलिदारुकौ अर्धनारीश्वरश्चोमा कान्तश्चाषाढिदण्डिनौ

Ajeśa ; Śarmasoneśa ; de même Lāṅgalin et Dāruka ; Ardhanārīśvara ; Umā ; Kānta ; et aussi Āṣāḍhi et Daṇḍin — tels sont des noms de Śiva.

Verse 45

अत्रिर्मोनश् च मेषश् च लोहितश् च शिखी तथा छगलण्डद्विरण्डौ द्वौ समहाकालवालिनौ

Atri, Mona, Meṣa, Lohita et Śikhī ; de même les deux — Chagalaṇḍa et Dviraṇḍa — avec Mahākāla et Vālin : tels sont les noms énumérés ici.

Verse 46

भुजङ्गश् च पिनाकी च खड्गीशश् च वकः पुनः श्वेतो भृगुर्लगुडीशाक्षश् च सम्बर्तकः स्मृतः

Il est connu comme Bhujaṅga, Pinākī et Khaḍgīśa ; de nouveau (il est appelé) Vaka ; (aussi) Śveta, Bhṛgu, Laguḍīśākṣa ; et il est mémorisé comme Sambartaka.

Verse 47

रुद्रात्मशक्तान् लिख्यादीन् नमोन्तान् विन्यसेत् क्रमात् अङ्गानि विन्यसेत्सर्वे मन्त्राः साङ्गास्तु सिद्धिदाः

On doit, selon l’ordre prescrit, accomplir le nyāsa des Śakti à l’essence de Rudra—en commençant par le groupe tel que Likhyā—jusqu’aux formules se terminant par « namo ». Ensuite, on les place sur les membres (aṅga). Tous les mantras, pourvus de leurs aṅga (sa-aṅga, mantras auxiliaires), deviennent dispensateurs de siddhi (accomplissement).

Verse 48

हृल्लेखाव्योमसपूर्वाण्येतान्यङ्गानि विन्यसेत् हृदादीन्यङ्गमन्त्रान्तैर् यो जपेद्धृदये नमः

On doit assigner (accomplir le nyāsa) ces membres en commençant par les mantras de hṛt, lekhā et vyoma. Celui qui récite le mantra du cœur et les autres mantras des membres—en terminant chacun par la formule d’aṅga—doit aussi répéter dans le cœur la salutation : « namaḥ ».

Verse 49

स्वाहा शिरस्यथ वषट्शिखायां कवचे च् हूं वौषत् नेत्रे ऽस्त्राय फटस्यात् पञ्चाङ्गं नेत्रवर्जितम्

(Qu’on place les aṅga-mantras ainsi :) « svāhā » sur la tête ; « vaṣaṭ » sur la touffe (śikhā) ; « hūṃ » sur l’armure protectrice (kavaca) ; « vauṣaṭ » sur les yeux ; et « phaṭ » pour le mantra de l’arme (astrāya). Ainsi s’établit l’ensemble quintuple des aṅgas—en excluant les yeux.

Verse 50

निरङ्गस्यात्मना चाङ्गं न्यस्येमान्नियुतं जपेत् क्रमाभ्यां देवीं वागीशीं यथोक्तांस्तु तिलान् हुनेत्

Après avoir accompli l’aṅga-nyāsa en prenant son propre être pour la forme « sans membres » (nir-aṅga) du mantra, on doit réciter ce (mantra) un niyuta (dix mille fois). Ensuite, selon les deux séquences prescrites (krama), on doit vénérer la déesse Vāgīśī et offrir des graines de sésame dans le feu, comme il a été dit précédemment.

Verse 51

लिपिदेवी साक्षसूत्रकुम्भपुस्तकपद्मधृक् कवित्वादि प्रयच्छेत कर्मादौ सिद्धये न्यसेत् निष्कविर्निर्मलः सर्वे मन्त्राःसिध्यन्ति मातृभिः

La Déesse de l’Écriture (Lipi-devī), tenant le rosaire, le cordon sacré, la cruche d’eau, le livre et le lotus, accorde la maîtrise poétique et les accomplissements connexes. Pour la réussite de tout rite, on doit effectuer le (mātṛkā-)nyāsa au début de l’opération. Même celui qui n’est pas poète est purifié ; par les Mères (Mātṛkā), tous les mantras parviennent à l’accomplissement.

Frequently Asked Questions

Operational mantra-taxonomy and procedure: syllable-based categories (bīja/mālā), gendered mantra classes, Agneya–Saumya functional polarity (including how “namaḥ/phaṭ” changes force), and quantified sādhanā rules (japa counts, homa as one-tenth, aṅga-mantras as one-tenth of the root).

It disciplines sacred speech through ethics (guru–śiṣya standards), purity, correct timing, and inward refinement (mental japa ranked highest), presenting mantra-siddhi as a dhārmic technology that stabilizes life (bhukti) while training attention and devotion toward liberation (mukti).