
Svāyambhuva-vaṁśa-varṇanam (Description of the Lineage of Svāyambhuva Manu)
Agni poursuit sa transmission encyclopédique en passant de la cosmogonie à une dharma des généalogies : la lignée de Svāyambhuva est présentée comme une histoire sacrée qui légitime l’ordre rituel, la royauté et l’émergence graduée des êtres. Le chapitre s’ouvre sur la descendance de Svāyambhuva Manu (Priyavrata, Uttānapāda et Śatarūpā), puis met en lumière l’ascèse (tapas) de Dhruva, aboutissant au don de Viṣṇu d’un poste cosmique impérissable (Dhruva comme pôle). La lignée se poursuit jusqu’à l’avènement de Pṛthu issu de Vena, archétype du gouvernement du rājarṣi, où la Terre (Vasundharā) est « traitée » pour nourrir récoltes et vies, symbole d’une extraction des ressources conforme au dharma pour le bien commun. Le récit passe ensuite aux austérités des Pracetases, à leur union avec Māriṣā et à la naissance de Dakṣa, qui étend la création par ses filles données à Dharma, Kaśyapa, Soma et d’autres. Les catalogues finaux (Viśvedevas, Sādhyas, Maruts, Vasus, Rudras ; épithètes de Skanda ; Viśvakarmā, architecte divin) confirment la méthode purānique : listes et lignées servent d’index de savoir rituel reliant cosmologie, société, artisanat et dévotion.
Verse 1
इत्य् आदिमहापुराणे आग्नेये जगत्सर्गवर्णनं नाम सप्तदशो ऽध्यायः अथ अष्टादशो ऽध्यायः स्वायम्भुववंशवर्णनम् अग्निर् उवाच प्रियव्रतोत्तानपादौ मनोः स्वायम्भुवात् सुतौ अजीजनत्स तां कन्यां शतरूपां तपोन्विताम्
Ainsi, dans l’Agni Purāṇa—le Mahāpurāṇa primordial—s’achève le dix-septième chapitre intitulé « Description de la création du monde ». Commence maintenant le dix-huitième chapitre, « Description de la lignée de Svāyambhuva ». Agni dit : De Svāyambhuva Manu naquirent deux fils, Priyavrata et Uttānapāda ; et il engendra aussi la jeune fille Śatarūpā, pourvue de tapas (austérité).
Verse 2
न् भूतमुच्चावचं प्रजा इति ङ, चिह्नितपुस्तकपाठः निश्चितमिति ख,चिह्नितपुस्तकपाठः अजीजनत् सुतां कन्यां सद्रूपाञ्च तपोन्वितामिति ग, चिह्नितपुस्तकपाठः अजीजनत् सुतां कन्यां शतरूपां तपोन्वितामिति ङ,चिह्नितपुस्तकपाठः काम्यां कर्दमभार्यातः सम्राट् कुक्षिर्विराट् प्रभुः सुरुच्यामुत्तमो जज्ञे पुत्र उत्तानपादतः
« (Il créa) les êtres aux formes diverses et la descendance »—ainsi lit-on dans un manuscrit marqué ; un autre porte : « c’est certain ». Une recension dit : « Il engendra une fille, une jeune vierge belle de forme et pourvue de tapas » ; une autre lecture marquée donne : « Il engendra une fille, la vierge Śatarūpā, pourvue de tapas ». De Kāmyā, épouse de Kardama, naquirent Samrāṭ, Kukṣi, Virāṭ et Prabhu. De Suruci, Uttānapāda eut un fils, Uttama.
Verse 3
सुनीत्यान्तु ध्रुवः पुत्रस्तपस्तेपे स कीर्तये ध्रुवो वर्षसहस्राणि त्रीणि दिव्यानि हे मुने
Mais Dhruva, fils de Sunīti, accomplit des tapas en vue de la gloire ; ô sage, Dhruva (persévéra) durant trois mille années divines.
Verse 4
तस्मै प्रीतो हरिः प्रादान्मुन्यग्रे स्थानकं स्थिरम् श्लोकं पपाठ ह्य् उशना वृद्धिं दृष्ट्वा स तस्य च
Satisfait de lui, Hari (Viṣṇu) lui accorda, devant le plus éminent des sages, une demeure ferme et durable. Et Uśanā (Śukrācārya), voyant sa prospérité, récita aussi un verset à ce sujet.
Verse 5
अहो ऽस्य तपसो वीर्यमहो श्रुतमहोद्भुतम् यमद्य पुरतः कृत्वा ध्रुवं सप्तर्षयः स्थिताः
Ah ! Merveilleuse est la puissance de son tapas—merveilleux, en vérité, ce qui a été entendu, prodigieux : car aujourd’hui les Sept Sages se tiennent debout, ayant placé Dhruva (l’Étoile polaire) devant eux.
Verse 6
तस्मात् शिष्टिञ्च भव्यञ्च ध्रुवाच्छम्भुर्व्यजायत शिष्टेराधत्त सुछाया पञ्च पुत्रानकल्मषान्
Ainsi, de lui naquirent Śiṣṭi et Bhavya ; et de Dhruva naquit Śambhu. De Śiṣṭi, Succhāyā enfanta cinq fils sans tache, exempts de faute.
Verse 7
रिपुं रिपुञ्जयं रिप्रं वृकलं वृकतेजसम् रिपोराधत्त बृहती चाक्षुषं सर्वतेजसम्
Il est l’Ennemi (du mal), le Vainqueur des ennemis, le Pur ; Celui dont l’étendard est le Loup et Celui dont l’éclat est lupin. Il repousse l’ennemi ; (il est) le Vaste (Bṛhatī), l’Oculaire/Omnivoyant (Cākṣuṣa) et Celui dont la splendeur est universelle.
Verse 8
अजीजनत् पुष्करिण्यां वीरिण्यां चाक्षुषो मनुम् मनोरजायन्त दश नड्वलायां सुतोत्तमाः
Cākṣuṣa (Manu) engendra Manu (également nommé Cākṣuṣa) de Puṣkariṇī ; et de Vīriṇī naquirent dix fils d’excellence ; et de Naḍvalā naquirent aussi des fils parmi les meilleurs.
Verse 9
ऊरुः पुरुः शतद्युम्नस्तपस्वी सत्यवाक्कविः अग्निष्टुरतिरात्रश् च सुद्युम्नश्चाभिमन्युकः
Ūru, Puru, Śatadyumna, Tapasvī, Satyavāk, Kavi, Agniṣṭu, Atirātra, ainsi que Sudyumna et Abhimanyuka : tels sont les descendants nommés dans la lignée.
Verse 10
ऊरोरजनयत् पुत्रान् षडग्नेयी महाप्रभान् अङ्गं सुमनसं स्वातिं क्रतुमङ्गिरसङ्गयम्
De sa cuisse, Agneyī (l’épouse/la fille liée à Agni) enfanta six fils d’un grand éclat : Aṅga, Sumanas, Svāti, Kratu, Maṅgirasa et Saṅgaya.
Verse 11
अङ्गात् सुनीथापत्यं वै वेणमेकं व्यजायत स्थानमुत्तममिति ङ, चिह्नितपुस्तकपाठः यदत्र इति ङ, चिह्नितपुस्तकपाठः तस्मात् श्लिष्टिञ्च इति ग, घ, चिह्नितपुस्तकद्वयपाठः श्लिष्टेआराधत्त इति ख, घ, चिह्नितपुस्तकद्वयपाठः उरूरिति ख,ग, ङ, चिह्नितपुस्तकत्रयपाठः अरक्षकः पापरतः स हतो मुनिभिः कुशैः
D’Aṅga naquit en vérité l’unique fils Vena, issu de Sunīthā. N’étant pas le protecteur du peuple et voué au péché, il fut mis à mort par les sages avec des lames d’herbe kuśa.
Verse 12
प्रजार्थमृषयोथास्य ममन्थुर्दक्षिणं करं वेणस्य मथितो पाणौ सम्बभूव पृथुर् नृपः
Puis, pour le bien des sujets, les rishis « barattèrent » sa main droite ; du barattage de la main du roi Vena naquit le roi Pṛthu.
Verse 13
तं दृष्ट्वा मुनयः प्राहुरेष वै मुदिताः प्रजाः करिष्यति महातेजा यशश् च प्राप्स्यते महत्
En le voyant, les munis déclarèrent : «En vérité, cet être au grand éclat rendra les sujets joyeux et obtiendra une gloire immense.»
Verse 14
स धन्वी कवची जातस्तेजसा निर्दहन्निव पृथुर्वैण्यः प्रजाः सर्वा ररक्ष क्षेत्रपूर्वजः
Il naquit portant l’arc et revêtu d’une cuirasse, comme s’il consumait le mal par son éclat. Ce Pṛthu, fils de Vena (Vaiṇya), né dans la lignée de Kṣetra, protégea tous les sujets.
Verse 15
राजसूयाभिषिक्तानामाद्यः स पृथिवीपतिः तस्माच्चैव समुत्पन्नौ निपुणौ सूतमागधौ
Parmi ceux qui furent consacrés par le Rājasūya, il fut le premier souverain de la terre ; et de lui, en vérité, naquirent deux officiants experts : le Sūta et le Māgadha.
Verse 16
तत्स्तोत्रञ्चक्रतुर्वीरौ राजाभूज्जनरञ्जनात् दुग्धा गौस्तेन शस्यार्थं प्रजानां जीवनाय च
Ces deux héros composèrent cet hymne; et, parce qu’il réjouissait le peuple, il devint roi. Par lui, la vache fut traitée—pour le bien des récoltes (et la nourriture), et aussi pour soutenir la vie des sujets.
Verse 17
सह देवैर् मुनिगणैर् गन्धर्वैः साप्सरोगणैः पितृभिर्दानवैः सर्पैर् वीरुद्भिः पर्वतैर् जनैः
Avec les dieux, les troupes de sages (munis), les Gandharvas et les compagnies d’Apsaras; avec les Pitṛs, les Dānavas et les serpents; avec les lianes et les plantes, les montagnes et les peuples.
Verse 18
तेषु तेषु च पात्रेषु दुह्यमाना वसुन्धरा प्रादाद्यथेप्सितं क्षीरन्तेन प्राणानधारयत्
Tandis que Vasundharā (la Terre) était traitée dans chacun de ces récipients, elle donnait le lait exactement selon le désir; par ce lait, ils soutinrent leur vie.
Verse 19
पृथोः पुत्रौ तु धर्मज्ञौ जज्ञाते ऽन्तर्द्विपालिनौ शिखण्डी हविर्धानमन्तर्धानात् व्यजायत
De Pṛthu naquirent deux fils connaisseurs du Dharma : Antardvi et Pālin. D’Antardhāna, Śikhaṇḍī engendra Havirdhāna.
Verse 20
हविर्धानात् षडाग्नेयी धीषणाजनयत् सुतान् प्राचीनवर्हिषं शुक्रं गयं कृष्णं व्रजाजिनौ
De Havirdhāna, Ṣaḍāgneyī (Dhīṣaṇā) enfanta six fils : Prācīnabarhis, Śukra, Gaya, Kṛṣṇa, Vraja et Ajina.
Verse 21
प्राचीनाग्राः कुशास्तस्य पृथिव्यां यजतो यतः प्राचीनवर्हिर्भगवान् महानासीत्प्रजापतिः
Parce qu’il accomplit le sacrifice sur la terre avec l’herbe kuśa dont les pointes étaient tournées vers l’est, ce vénérable Prajāpati fut renommé comme le Grand nommé Prācīnavarhis.
Verse 22
सवर्णाधत्त सामुद्री दश प्राचीनवर्हिषः राजसूयाभिव्यक्तानामाद्य इति ख,चिह्नितपुस्तकपाठः शुभ्रमिति ग,चिह्नितपुस्तकपाठः सुवर्णाधत्त इति ग, चिह्नितपुस्तकपाठः सर्वे प्रचेतसो नाम धनुर्वेदस्य पारगाः
Savarṇādhatta, Sāmudrī et les dix (fils) de Prācīna-barhis—(dans certains manuscrits marqués on lit) « le premier parmi ceux rendus manifestes par le Rājasūya » ; (ailleurs) « Śubhra » ; et (ailleurs) « Suvarṇādhatta »—tous, connus sous le nom de Pracetases, étaient des maîtres ayant pleinement accompli le Dhanurveda, la science de l’arc et des armes.
Verse 23
अपृथग्धर्मचरणास् ते तप्यन्त महत्तपः दशवर्षसहस्राणि समुद्रसलिलेशयाः
Ceux qui pratiquaient le dharma sans déviation accomplirent une grande austérité, demeurant couchés dans les eaux de l’océan durant dix mille ans.
Verse 24
प्रजापतित्वं सम्प्राप्य तुष्टा विष्णोश् च निर्गताः भूः खं व्याप्तं हि तरुभिस्तांस्तरूनदहंश् च ते
Ayant obtenu la dignité de Prajāpatis, ils furent comblés et sortirent de Viṣṇu. En vérité, la terre et le ciel étaient envahis d’arbres ; et ils brûlèrent ces mêmes arbres.
Verse 25
मुखजाग्निमरुद्भ्यां च दृष्ट्वा चाथ द्रुमक्षयम् उपगम्याब्रवीदेतान् राजा सोमः प्रजापतीन्
Alors, voyant le feu jaillir de la bouche et les vents, et constatant la dévastation des arbres, le roi Soma s’approcha de ces Prajāpatis et leur adressa la parole.
Verse 26
कोपं यच्छत दास्यन्ति कन्यां वो मारिषां वराम् तपस्विनो मुनेः कण्डोः प्रम्लोचायां ममैव च
Réfrénez votre colère. On vous donnera l’excellente jeune fille Māriṣā, née du sage ascète Kaṇḍu et de l’apsaras Pramlocā, et ainsi apparentée à moi également.
Verse 27
भविष्यं जानता सृष्टा भार्या वो ऽस्तु कुलङ्करी अस्यामुत्पत्स्यते दक्षः प्रजाः संवर्धयिष्यति
Le Créateur, connaissant d’avance l’avenir, la façonna et dit : « Qu’elle soit votre épouse, ornement de la lignée. D’elle naîtra Dakṣa, et il nourrira et fera croître les créatures. »
Verse 28
प्रचेतसस्तां जगृहुर्दक्षोस्याञ्च ततो ऽभवत् अचरांश् च चरांश् चैव द्विपदोथ चतुष्पदः
Les Pracetases l’acceptèrent (pour épouse), et d’elle naquit Dakṣa. De lui, à son tour, surgirent des êtres immobiles et mobiles, ceux à deux pieds comme ceux à quatre.
Verse 29
स सृष्ट्वा मनसा दक्षः पश्चादसृजत स्त्रियः ददौ स दश धर्माय कश्यपाय त्रयोदश
Après avoir d’abord créé par la pensée, Dakṣa engendra ensuite les femmes ; il donna dix (filles) à Dharma et treize à Kaśyapa.
Verse 30
सप्ताविंशति सोमाय चतस्त्रो ऽरिष्टनेमिने द्वे चैव बहुपुत्राय द्वे चैवाङ्गिरसे अदात्
Il donna vingt-sept (filles) à Soma, quatre à Ariṣṭanemi, deux à Bahuputra et deux à Aṅgiras.
Verse 31
तासु देवाश् च नागाद्या मैथुनान्मनसा पुरा धर्मसर्गम्प्रवक्ष्यामि दशपत्नीषु धर्मतः
Parmi elles, les dieux, les Nāgas et d’autres, jadis, engendrèrent une descendance par une union mentale. À présent, j’exposerai, dans l’ordre convenable, la création conforme au Dharma (dharma-sarga) issue des dix épouses, selon la Loi sacrée.
Verse 32
विश्वेदेवास्तु विश्वायाः साध्यान् साध्या व्यजायत मरुत्त्वया मरुत्त्वन्तो वसोस्तु वसवो ऽभवन्
De Viśvā naquirent les Viśvedevas ; de Sādhyā furent engendrés les Sādhyas ; de Maruttvatī vinrent les Maruts ; et de Vasu prirent existence les Vasus.
Verse 33
भानोस्तु भानवः पुत्रा मुहूर्तास्तु मुहूर्तजाः कण्ठोरिति ग, चिह्नितपुस्तकपाठः कर्णोरिति ङ,चिह्नितपुस्तकपाठः स दृष्ट्वा मनसा इति ख, ग, चिह्नितपुस्तकपाठः द्वे चैव भाण्डवे तत इति ग, चिह्नितपुस्तकपाठः सम्बाया धर्मतो घोषो नागवीथी च यामिजा
Les Bhānavas sont les fils de Bhānu (le Soleil) ; et les Muhūrtas naissent de Muhūrta. De plus, dans cette énumération des divisions du temps et de leurs noms tutélaires, sont aussi mentionnés Sambāyā, Dharmataḥ, Ghoṣa, Nāgavīthī et Yāmijā.
Verse 34
पृथिवीविषयं सर्वमरुन्धत्यां व्यजायत सङ्कल्पायास्तु सङ्कल्पा इन्दोर् नक्षत्रतः सुताः
Tout ce qui relève du domaine de la Terre fut engendré à partir d’Arundhatī. Et de Saṅkalpā naquirent les Saṅkalpas — fils de la Lune, issus de la lignée de Nakṣatra.
Verse 35
आपो ध्रुवञ्च सोमञ्च धरश् चैवानिलोनलः प्रत्यूषश् च प्रभावश् च वसवोष्टौ च नामतः
Āpa, Dhruva, Soma, Dhara, ainsi qu’Anila et Anala ; et Pratyūṣa et Prabhāva — tels sont, par leurs noms, les huit Vasus.
Verse 36
आपस्य पुत्रो वैतण्ड्यः श्रमः शान्तो मुनिस् तथा ध्रुवस्य कालो लोकान्तो वर्चाः सोमस्य वै सुतः
Āpa eut un fils nommé Vaitaṇḍya; de même (il y eut) Śrama, Śānta et le sage Muni. De Dhruva naquirent Kāla et Lokānta; et Varcā fut véritablement le fils de Soma.
Verse 37
धरस्य पुत्रो द्रविणो हुतहव्यवहस् तथा मनोहरायाः शिशिरः प्राणोथ रमणस् तथा
Le fils de Dhara est Draviṇa; de même (il y a) Hutahavyavaha. Et de Manoharā naquirent Śiśira, Prāṇa et aussi Ramaṇa.
Verse 38
पुरोजवोनिलस्यासीदविज्ञातो ऽनलस्य च अग्निपुत्रः कुमारश् च शरस्तम्बे व्यजायत
Purojava naquit de Vāyu (le dieu du Vent) et demeura aussi inconnu d’Anala (Agni). Et Kumāra—fils d’Agni—naquit dans une touffe de roseaux śara.
Verse 39
तस्य शाखो विशाखश् च नैगमेयश् च पृष्टजः कृत्तिकातः कार्त्तिकेयो यतिः सनत्कुमारकः
De lui (Skanda/Kārttikeya) sont ces noms : Śākha, Viśākha, Naigameya, Pṛṣṭaja, Kṛttikāta, Kārttikeya, Yati et Sanatkumāraka.
Verse 40
प्रत्यूषाद्देवलो जज्ञे विश्वकर्मा प्रभावतः कर्ता शिल्पसहस्राणां त्रिदशानाञ्च वर्धकिः
De Pratyūṣa naquit Devala; et de Prabhāva naquit Viśvakarmā—artisan de milliers d’arts et maître bâtisseur (architecte/charpentier) des dieux.
Verse 41
मनुष्याश्चोप्जीवन्ति शिल्पं वै भूषणादिकं सुरभी कश्यपाद्रुद्रानेकादश विजज्ञुषी
Les humains, en vérité, gagnent leur subsistance par les arts et métiers—tels que la fabrication d’ornements et autres. Surabhī, de Kaśyapa, enfanta les onze Rudra.
Verse 42
महादेवप्रसादेन तपसा भाविता सती स्तकपाठः धर्मश् चैवानिलोनल इति ख, ग, चिह्नितपुस्तकपाठः धरिष इति ग, चिह्नितपुस्तकपाठः मरणस्तथेति ग, चिह्नितपुस्तकपाठः जातः सनत्कुमारत इति ग, चिह्नितपुस्तकपाठः युवती इति ग, चिह्नितपुस्तकपाठः अजैकपादहिर्ब्रघ्नस्त्वष्टा रुद्राश् च सत्तम
Par la grâce de Mahādeva, et rendue parfaite par la puissance de l’ascèse, la vertueuse Satī fit se manifester les cohortes divines ; ô le meilleur des êtres, Ajaikapāda, Ahirbudhnya, Tvaṣṭṛ et les Rudra apparurent également.
Verse 43
त्वष्टुश् चैवात्मजः श्रीमान्विश्वरूपो महायशाः हरश् च बहुरूपश् च त्र्यम्बकश्चापराजितः
Il est aussi le fils illustre de Tvaṣṭṛ : Viśvarūpa, de grande renommée ; et il est Hara aux formes multiples, Tryambaka, et l’Invaincu.
Verse 44
वृषाकपिश् च शम्भुश् च कपर्दी रैवतस् तथा मृगव्याधस्य सर्पश् च कपाली दश चैककः रुद्राणां च शतं लक्षं यैर् व्याप्तं सचराचरं
Vṛṣākapi, Śambhu, Kapardī, et de même Raivata ; Mṛgavyādha, Sarpa, Kapālī, Daśa et Ekaka : par ces noms/formes, cent mille Rudra pénètrent l’univers entier, le mobile comme l’immobile.
It contrasts adharmic non-protection (Vena) with dharmic sovereignty (Pṛthu): legitimate kingship is defined by protection of subjects and regulated extraction of resources (the Earth ‘milked’ for public welfare).
Dhruva exemplifies tapas as a disciplined, goal-directed ritual of the self; Viṣṇu’s granting of an immovable station presents steadfastness (dhruvatā) as the fruit of sustained vow, devotion, and regulated practice.
These lists operate as knowledge indexes: they connect cosmology to liturgy (names for recitation), to social theology (divine functions), and to applied śāstras (Viśvakarmā as the archetype behind crafts and Vāstu-oriented thinking).